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Thursday, 6 January 1881
The odyssey of the picture continues. When Amélie went from sad and tearful to cheerful,Jeudi 6 janvier 1881
He comes up, and I go to the confessional to ask him what all this means, explaining everything to him. Then he gives me answers that are no answers; I could see he was prepared, and I still understood nothing, until he tells me that Amélie will perhaps work in the same room as I, that he wanted to oblige two people with this picture, and that if he wants to put Amélie there he means to have the right to do so. Just think — I am thunderstruck; now I look as though I had raised the question knowing that Amélie was involved. I am so taken aback that I stay there talking of other things, and as if I needed to unburden myself I tell him about my affairs with Hubertine. I am decidedly very stupid. On coming out I say neither yes nor no, and Amélie, thinking I accept the arrangement, explains to me that she will not be in my way, will set herself up after me, and very discreetly. I reply that it seems to me difficult, and above all ridiculous, to paint the same picture, even at different sizes, from the same point of view, with the same effect of light. Well, it is unheard of; whereupon I tease her about her love affair with Julian, and the curtain falls. I come home with my jaws clenched and so revolted by this Julian’s duplicity and that girl’s intrigues that I am ill with it. It is lucky, still, that good Mme Magnan warned me; she thought I had guessed everything; it had been talked about, moreover, but I had not heard.
Il monte et je vais au confessional lui demander ce que tout cela signifie, lui expliquant tout. Alors il me fait des réponses qui ne sont pas des réponses, je voyais bien qu’il était préparé et ne comprenait rien toujours, lorsqu’il me dit qu’Amélie travaillera peut-être dans le même salon que moi, qu’il a voulu être agréable à deux personnes avec ce tableau et que s’il veut mettre Amélie là il veut en avoir le droit. Pensez donc, je tombe des nues, voilà que j’ai l’air d’avoir soulevé la question sachant qu’il est question d’Amélie. Je suis si surprise que je reste là à causer d’autre chose et comme si j’avais besoin de me livrer je raconte mes affaires avec Hubertine. Je suis très bête décidément. En sortant de là je ne dis ni oui ni non et Amélie pensant que j’accepte la chose m’explique qu’elle ne me gênera pas, se placera après moi et de façon très discrète. Je réponds que cela me paraît difficile et surtout ridicule de faire le même tableau bien que de grandeurs nature différentes, le même point de vue, le même effet de lumières. Enfin, c’est inouï, là-dessus je la blague sur ses amours avec Julian et le rideau baisse. Je rentre avec les mâchoires serrées et tellement révoltée de la duplicité de ce Julian et des intrigues de cette fille que j’en suis malade. Il est heureux encore que cette bonne Magnan m’ait prévenue, elle pensait que je devinais tout, on en avait parlé du reste mais j’ai pas entendu.
In the evening, a meeting of the board of our future newspaper; they discuss the title, which has already been discussed. I was there yesterday, and this evening I take the Cerny girl there; I felt so dull-witted that I needed all that. I am already on very good terms with the citizens and citizenesses1. I do not hide from myself how little strength we have and how little all these discussions are worth, but everything must have a beginning; I am taking it up at the very start, I shall share all the hardships, I shall help to raise the edifice.
Le soir réunion du conseil d’administration de notre futur journal, on discute du titre, qu’on a déjà discuté. J’y étais hier et ce soir j’y mène la Cerny, j’étais si abêtie qu’il me fallait tout cela. Je suis déjà en très bons termes avec les citoyens et citoyennes. Je ne me dissimule pas notre peu de force et le peu de valeur de toutes ces discussions, mais il faut un commencement à tout; je prends cela tout au début, je partagerai toutes les peines, je contribuerai à édifier l’œuvre.
It is like when I wanted to marry Arnaud in order to create the salons and the republican chic.
C’est comme je voulais épouser Arnaud pour créer les salons et le chic républicain.
No, Julian is too much of a scoundrel. I tell him that for the next Salon I shall do a “refuge” — those lamp posts they have placed in the middle of the streets, where there are often such picturesque crowds — [five lines crossed out]. Whereupon he answers that it has already been done, that he has already done it for the Salon of 1882. It was very deftly filched, but it is my own fault; one does not go handing out ideas like that.
Non, Julian est trop canaille. Voilà que je lui dis que pour le prochain Salon je ferai un “refuge”, ces réverbères qu’on a placé au milieu des rues et ou il y a souvent des attroupements si pittoresques, [cinq lignes cancellés]. Alors il me répond que c’est déjà fait, qu’il l’a déjà fait pour le Salon de 1882. C’est très habilement escamoté, mais c’est ma faute, on ne va livrer de pareilles idées.
Mme Mouzay writes me a letter that outdoes the first in threats of death — “diseased lungs” — ridiculous bombast!
La Mouzay m’écrit une lettre qui surpasse la première en menaces de mort “poumons malades”, emphase ridicule !
I answer her: “The threats of death with which you pursue me, madame, will result 1° in my no longer going to your house, 2° in my no longer reading your letters. It is a sure and vigorous means for you of not being wounded by what I should end by saying to you, and for me of not being pestered beyond endurance.”
Je lui réponds: Les menaces de mort dont vous me poursuivez madame auront pour résultat 1° que je n’irai plus chez vous, 2° que je ne lirai plus vos lettres. C’est un moyen sur et énergique pour vous de ne pas être froissée par ce que je finirais bien par vous dire, pour moi de ne pas être obsédée au delà du possible.
But this old madwoman is incorrigible. What is odious is that she is convinced — and there you are!
Mais cette vieille folle est incorrigible. C’est qu’il y a d’odieux c’est qu’elle est convaincue et alors !
It is an exasperating refrain.
C’est une scie exaspérante.
Do you know La Corneille qui abat des noix2? A provincial arrives at the house of a family of Parisian friends and fancies he has penetrated all their secrets: the mother is in love with her future son-in-law, the daughter... In short, they demonstrate to him in vain that there is nothing in it, that the mother is marrying her daughter to this man — “Poor woman, she is sacrificing herself!” he cries — and that the father has dishonoured no one. But our man keeps his ideas and sets off home swearing that these family secrets will die with him. One could have oneself cut into little pieces to prove to Mme Mouzay that her inventions are fancies; she would be like the aforesaid provincial. I do not know how you take it; as for me, it drives me to distraction!
Connaissez-vous “la corneille qui abat des noix” ? Un provincial qui arrive chez une famille d’amis parisiens et voilà qu’il croit pénétrer tous leurs secrets, la mère est amoureuse de son futur gendre, la jeune fille... Bref on lui démontre en vain qu’il n’en est rien, que la mère marie sa fille avec cet homme. Pauvre femme, elle se sacrifie ! s’écrie-t-il et que le père n’a deshonoré personne. Mais notre homme garde ses idées et repart pour chez lui en jurant que ces secrets de famille mourront avec lui. On se couperait par petits morceaux pour prouver à la Mouzay que ses inventions sont des chimères qu’elle serait comme le susdit provincial. Je ne sais comment vous le prenez, moi ça m’excède !
Notes
In French in the original: citoyens and citoyennes, the republican and feminist form of address. ↩
La Corneille qui abat des noix: roughly “The Crow That Knocks Down Nuts”. ↩