П'ятниця, 18 травня 1877
Я чудовисько й нікчема! Мене доводять до краю, і я постаю у своїй найогиднішій подобі! Валіцький був грубий за сніданком, і моя відповідь вийшла така, що я ладна була побити цілий світ. Жахнувшись, що в це повірять і рознесуть, я обізвала його «боягузом». Але ті, хто не втаємничений у мої щоденні страхи й шаленства, побачать у цьому випаді лише потворну брутальність дівчини мого віку. Пані Кондарева вже сказала про це мамі, і я, певно, перетворюся на опудало для Лізи, на яке мені вказуватимуть, кажучи: «Ось бачиш цю, е! ти будеш така сама, якщо...» — або ж: «Не думай, що я тобі дозволю те чи те, як Марі тощо, тощо».# Vendredi 18 mai 1877
Je suis longtemps restée au jardin à jouer de la mandoline, la nuit est si belle... je suis si malheureuse... Je suis irritable jusqu'à la rage et on m'exaspère ! Pensez donc, on a pris le parti de me parler du ton dont on flatte les fous. Au lieu de chant il m'est sorti de la gorge quelques gouttes de sang, je l'ai raconté avec une sorte de triomphe et maman est venue me dire...
— Décidément tu as mal fait de ne pas avoir épousé Audiffret.
Mais si vous pouviez vous imaginer ce qu'il y avait dans le ton dont ça a été dit, d'histoire naturelle, d'hygiène... vous seriez fou de rage comme moi !
N'ayant rien pour le moment, je me refais un *présent* en feuilletant ce journal. C'est une sensation bizarre que de retrouver là sous la main, sous les yeux toute une existence... cela force à analyser, à se rendre compte...
C'est égal, l'aventure avec Larderei est bien étrange, c'est-à-dire que j'étais amoureuse et par conséquent hors de mon sens. Je ne suis pas partie deux jours après son arrivée comme j'aurais peut-être bien fait de faire, parce qu'il y avait les courses, ce prétexte me justifiait. Et ensuite... ensuite... c'est très bien. C'est que, voyez, je suis très tourmentée quand je trouve trop tard ce que j'aurais dû faire...