П'ятниця 5 травня 1876
Vendredi 5 mai 1876
Les courses de Rome étaient remises au 11 ou au 14...
Quelquefois, souvent, toujours je pense que cela vaut mieux ainsi...
A dîner je deviens toute hébétée sans avoir pour cela eu besoin de boire...
On les trouve à souper avec la Collignon qui se met en quatre...
Marie l'appelle Catherine et lui crie toutes sortes de familiarités...
Je parle peu, je suis hébétée et maussade...
En retournant on s'est souvenu de Petit-Paul (son nom est Paul Leroux)...
— Qu'as-tu ? tu as un cheveu ?
— Peut-être deux, répondis-je vraiment de mauvaise humeur que j'étais.
— Trois dit-il.
— Et toi tu en a quatre, lui dit Dina.
— Ah ! ça, fit-il en riant...
En effet Paul Leroux est chauve à trente ans.
Puis on parle du comte Gerhard, de Doenhoff qui m'a fait la cour à sa façon... allemande.
Et dire que c'est ce débauché de Larderei qui m'a fait manquer cette présentation...
Puis quelques mots sur Plowden et Antonelli.
A propos, vous savez que Bruschetti a encore écrit, cette fois à maman.
Mais je le déteste, je ne dis ce que j'en dis que par vanité.
J'ai une autre idée.
Je pense que Miloradovitch m'irait à ravir s'il voulait seulement de moi.
Ah ! canaille d'Antonelli !
Pourtant il ne faudrait pas l'accuser tout à fait s'il ne m'écrit pas.
— Vraiment, Monsieur, vous parlez d'une façon si indécise, si flottante, si étrange...
— Je ne veux par parler comme Bruschetti et je ne parle jamais comme tout le monde, interrompit-il.
— Que, continuai-je sans m'inquiéter de l'interruption...
— Vous le reconaissez donc ! s'écria-t-il.
— Oui, des questions de juge à côté de vos oscillations, de vos hésitations ridicules.
Je disais donc... quoi ? ah ! oui, je disais que Pietro était excusable étant peu sûr de moi.
J'ai lu dans des romans que souvent un homme très amoureux semble indifférent et oublieux à cause de son amour même.
Je suis endormie et ennuyée et dans cet état-là je désire toujours voir Pietro...
Nainer, le propriétaire de l'hôtel de la Ville à Rome écrit que les courses sont fixées aux 11 et 13 de ce mois...
Il était convenu qu'Antonelli télégraphierait quarante-huit heures avant le jour des courses...
Le jardin est plein de marguerites et je ne fais que les effeuiller en demandant s'il vient.
Je m'ennuie, et quand je m'ennuie je deviens très tendre.
Je m'ennuie et l'abandon de Pietro me chagrine.
Quand donc finira cette vie d'ennuis, de déceptions, d'envie et de chagrins !
Ah ! Dieu et Sainte Vierge pardonnez et protégez-moi.