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Saturday, 4 September 1875
Now there’s an adventure!Samedi 4 septembre 1875
Coming out from lunch I am accosted by an American, a rather old one, who stares at me1 since the first day. At first I did not know what he wanted and answered him politely, but then I see that he simply wants to make my acquaintance. The impudent fellow asks permission to call on us.
En sortant de déjeuner je suis accostée par un Américain, un assez vieux qui stares at me depuis le premier jour. Je ne savais d’abord ce qu’il voulait et lui répondais poliment, mais voilà que je vois qu’il veut simplement faire ma connaissance. L’impudent demande la permission de nous faire une visite.
I tell him that I cannot give it, not having the pleasure of knowing him; then he asks me for the name of someone who knows me, to introduce him. I answer that I know no one. Then he says he is very well known at the hotel, and I tell him I am very sorry but I cannot.
Je lui dis que je ne puis la lui donner n’ayant pas le plaisir de le connaître, alors il me demande le nom d’une personne qui me connaît pour le présenter, je lui réponds que je ne connais personne. Alors il dit qu’il est trop connu à l’hôtel, et je lui dis que je suis bien fâchée mais que je ne puis pas.
This dialogue takes place in English; my aunt is beside me and understands nothing, or very little. One has to be an American to commit such an impropriety. I go up to my room all aflame with anger.
Ce dialogue a lieu en anglais, ma tante est à côté de moi et ne comprend rien ou peu. Il faut être Américain pour une pareille inconvenance. Je monte chez moi tout en feu de colère.
That is not all. A moment before this singular conversation I was standing on the balcony of the reading room, waiting for my aunt, when I heard behind me a chorus of admiration for my person, my figure. The chorus came from a group of gentlemen seated behind me. It is true that in my grey batiste dress, perfectly plain, I have a divine figure — divine is the word — and my golden-chestnut hair is simply dressed, rolled up I don’t know how, but the twists fall to the middle of my back.
Ce n’est pas tout, un instant avant cette singulière conversation je me tenais sur le balcon du salon de lecture attendant ma tante quand j’entendis derrière moi un chœur d’admiration sur ma personne, ma taille. Ce chœur partait d’un groupe de messieurs assis derrière moi. Il est vrai qu’en ma robe de batiste grise, tout unie, j’ai une taille divine, divine c’est le mot, et mes cheveux marrons-dorés sont coiffés simplement, roulés je ne sais comment mais les torsades tombent jusqu’au milieu du dos.
That is not all. Besides these people there are the Brazilians, who look at me and follow me.
Ce n’est pas tout, outre ces gens, il y a les Brésilens qui me regardent et qui me suivent.
That is not all: there is a charming young fair-haired Englishman who seems to be sighing; that is not all: there is a hideous fair-haired man, a Russian I think, who pursues me. That is not all... Ah, yes! This time I think that is all. There are certainly other madmen too, but I shall not take the trouble to speak of them. I am so much looked at here that one cannot tell all the lookers apart.
Ce n’est pas tout, il y a un charmant jeune Anglais blond qui a l’air de soupirer, ce n’est pas tout, il y a un affreux blond, Russe je crois qui me poursuit. Ce n’est pas tout... Ah si ! je crois que cette fois c’est tout. Il y a bien encore d’autres fous mais je ne prends pas la peine d’en parler. Je suis si regardée ici qu’on ne peut distinguer tous les regardeurs en particulier.
Even the women look at me and admire my toilettes, astonishingly simple and surprisingly chic.
Même les femmes me regardent et admirent mes toilettes d’une simplicité étonnante et d’un chic surprenant.
Even Vigier, that old imbecile, stares at my feet. There’s one for you! They bring round a two-horse victoria for us and we drive out. Caroline is an angel!
Même Vigier, ce vieil imbécile fixe mes pieds. En voilà un ! On nous sort une victoria à deux chevaux et nous sortons. Caroline est un ange !
The festivities in Florence will take place on the 13th, 14th and 15th. I have just enough time, thank God.
Les fêtes à Florence auront lieu le 13, 14 et 15. J’ai juste le temps Dieu merci.
Then we go to the Bois. The same dress, a black felt hat. There are a great many people, it is amusing, and for the first time in Paris I do not have rings under my eyes and am not half asleep.
Ensuite nous allons au Bois. Même robe, feutre noir. Il y a beaucoup de monde, c’est amusant, et pour la première fois à Paris je n’ai pas les yeux cernés et ne suis pas endormie.
Editors’ note
[Three lines crossed out]
[Trois lignes cancellées]
Gonzales father and son are on foot; we exchange greetings. In their carriage are the ladies, whom I do not greet.
De Gonzalès père et fils sont à pied, nous nous saluons, dans leur voiture sont les dames, que je ne salue pas.
Then, in the midst of countless carriages, I see Lucie’s most amiable greeting. One is disarmed by her good-natured air; besides, I have no reason to bear her a grudge, except the universal reason for which I bear a grudge against everyone.
Puis au milieu des voitures sans nombre je vois le salut tout aimable de Lucie, on est désarmé par son air bonasse, d’ailleurs je n’ai aucune raison pour lui en vouloir, sauf la raison universelle pour laquelle j’en veux à tous.
There are four rows of carriages, one is almost crushed. I was busy marvelling at the ugliness of the men here when I see something familiar approaching. I was trying to recognise it — for there are so many people, so many faces, that the eyes weaken and grow dazed, morally speaking — I was trying, then, to recognise it, when, as the person bowed to me, I saw the smile of the astonishing but stupid Emile d’Audiffret blossom.
Il y a quatre rangées de voitures, on s’écrase presque, j’étais en train de m’étonner de la laideur des hommes ici quand je vois arriver quelque chose de connu, je tâchais de reconnaître, car il y a tant de monde, tant de figures que les yeux faiblissent et deviennent hébétés au point de vue moral je tâchais donc de reconnaître quand la personne me saluant je vis s’épanouir le sourire du surprenant mais stupide Emile d’Audiffret.
I blushed only when his carriage had been replaced by other carriages following one another endlessly. From that moment my aunt and I are as if set free; our eyes light up, our faces brighten.
Je ne rougis que quand sa voiture fut remplacée par d’autres voitures qui se suivent sans fin. Dès ce moment nous sommes, ma tante et moi, comme déliées, nos yeux s’animent, nos figures s’épanouissent.
We talk; we even smile.
Nous parlons, nous sourions même.
A transformation scene. Everything clears up for me — I may well say for us. My aunt, who at every drive reproached me with the expense of the carriage, says not a word of it, but on the contrary finds that there are a great many people, that this is the first time it has been like this. Our faces have great difficulty holding back a certain smile of satisfaction that breaks through in spite of everything.
Un changement à vue. Tout s’éclaircit pour moi, je puis bien dire pour nous, ma tante qui à chaque promenade me reprochait la dépense de la voiture n’en dit mot, mais au contraire trouve qu’il y a beaucoup de monde, que c’est la première fois ainsi. Nos faces ont beaucoup de peine pour retenir un certain sourire de satisfaction qui se fait jour malgré tout.
Everything changes for me. I had been hesitating about my dresses, my hats; in an instant everything is decided. On our second circuit the astonishing but stupid personage comes up to the carriage and, in that shrill voice he inherited from his father, with his Niçois accent, flings out these words, blazing with distinction:
Tout change pour moi, j’avais des hésitations à propos de mes robes, des chapeaux, en un instant tout est décidé. Au second tour le surprenant mais stupide personnage s’approche de la voiture et de cette voix stridente qu’il a hérité de son père, et avec son accent niçois, jette ces mots flamboyants de distinction:
Where are you staying, then?
Où donc êtes vous logées ?
At the Grand Hotel, my aunt answers.
Au Grand Hôtel, répond ma tante.
Splendid!
A la bonne heure !
As for me, I do not even turn my head his way. We move on, and I keep up my archduchess manner.
Quant à moi je ne me tourne même pas de son côté. On avance et je continue mon attitude d’archiduchesse.
I do not know to what to attribute this inner revolution, but the fact is that, just as everything seemed black to me before, everything seems rosy to me now.
Je ne sais à quoi attribuer cette révolution intérieure, mais le fait est que comme tout me paraissait noir avant, tout me paraît rose à présent.
Let us thank the man from Nice. But he is ugly, and more and more I am reassured, and more and more I am content.
Remercions le Niçois. Mais il est laid et, de plus en plus, je me rassure et, de plus en plus, je suis contente.
It is a pity, though, that he lacks that certain something which is wholly pleasing.
C’est pourtant dommage qu’il lui manque ce on ne sait quoi qui plaît tout à fait.
We get back just in time for the table d’hôte. I am uneasy on account of my American. To the left are the ones I call Brazilians, but far from us; to the right, in the reading room, is the nice Englishman, who, to get a look, goes up twenty times to the menu pasted on the window — but each time I saw his right eye peep past the notice and fix itself on me.
Nous rentrons juste pour la table d’hôte, j’ai des inquiétudes à cause de mon Américain. A gauche sont ceux que je nomme Brésiliens, mais loin de nous; à droite, au salon de lecture est le gentil Anglais qui pour regarder s’approche vingt fois du menu collé sur la fenêtre, mais chaque fois je voyais son œil droit dépasser l’affiche et se fixer sur moi.
Oh, really, I am not worth such trouble. My aunt goes out and I go back to my room, undress and begin to write. Suddenly there is a knock; the chambermaid hands me a card. I have barely glanced at the card when I see the name Moreno.
Oh ! vraiment je ne vaux pas cette peine. Ma tante sort et je rentre chez moi, me déshabille et me mets à écrire. Quand tout à coup on frappe, la femme de chambre me donne une carte, je jette à peine les yeux sur cette carte que je vois le nom de Moreno.
Show him in.
Faites entrer.
It is dark in the other room; only mine is lit.
Il fait sombre dans la chambre, la mienne seule est éclairée.
Is that you, Monsieur? I say through the door, convinced that I am about to hear the honeyed voice of my old friend.
C’est vous Monsieur ? dis-je à travers la porte persuadée que je vais entendre la voix mielleuse de mon viel ami.
Yes, says a deep voice, it is I.
Oui, me dit une grosse voix, c’est moi.
Who — you! By Jove!2 I say to myself. So I shall have to make a scene and throw him out — and yet I thought he would not try again after this morning.
Qui vous ! bigre ! me dis-je en moi-même, il faudra donc faire scandale et le jeter à la porte, je croyais cependant qu’il ne recommencerait plus après ce matin.
Me, me — the son! the voice says at last, in a reassuring tone, no doubt because of my frightened accent.
Moi, moi, le fils enfin me dit la voix d’un ton rassurant, sans doute à cause de mon accent effrayé.
Ah, good! I say, breathing again. — Wait for me, I am coming at once.
Ah ! bien, fais-je en respirant. - Attendez-moi, je viens de suite.
I slip on a dress without corset or petticoats, but with my divine body that is almost unnecessary.
Je passe une robe sans corset et sans jupons, mais avec mon corps divin c’est presque inutile.
The son is alone; all the same, he gave me a fright that set me trembling.
Le fils est seul, c’est égal il m’a fait une peur tremblante.
I look at his hat on the table, at his black hair, and a bright idea strikes me.
Je regarde son chapeau sur la table, ses cheveux noirs et une idée m’illumine.
Sit like this — turn your back to the door and don’t turn round when my aunt comes in. I want her to take you for someone else.
Asseyez-vous comme cela, tournez le dos à la porte et ne vous retournez pas quand ma tante entrera, je veux qu’elle vous prenne pour un autre.
And all the while our conversation is interrupted by my bursts of laughter; I am picturing my aunt’s face.
Et tout le temps notre conversation est interrompue par mes éclats de rire je me figure la face de ma tante.
Rémy assures me that he has not changed in four years.
Rémy m’assure qu’il n’a pas changé depuis quatre ans.
How many young ladies have you been in love with since?
De combien de demoiselles avez-vous été amoureux depuis ?
Not a single one, I swear!
De pas une seule, je vous jure !
I doubt; he insists; I laugh; he sighs. I am delighted to have got the boy back. It is pleasant to have childhood friendships. Back then he was a hundred times better at coquetry than I; now I am an old woman and he is a child.
Je doute, il assure, je ris, il soupire. Je suis enchantée d’avoir repris le garçon. C’est agréable d’avoir des amitiés d’enfance. Alors il était cent fois plus fort que moi en coquetterie, maintenant je suis une vieille et lui un enfant.
He begs me to be his Ariadne in the labyrinth of life. I consent, and make him give his word to come and find me wherever I may be in two and a half years, when he has finished his studies and is free.
Il me prie d’être son Ariane dans le labyrinthe de la vie, je consens et lui fais donner parole de venir me trouver partout où je serai, dans deux ans et demi, quand il aura fini d’étudier et sera libre.
He ventures to ask whether I have changed.
Il se hasarde de demander si je suis changée.
Not at all, I am still the same. I am not in love with you, that goes without saying... — I meant to add: and I never was. But why disillusion people? He makes signs with his head and stammers something that means:
Pas du tout, je suis toujours la même. Je ne suis pas amoureuse de vous, cela va sans dire... - je voulais dire, et je ne l’ai jamais été, mais pourquoi désillusionner les gens ? Il fait de la tête des signes et balbutie quelque chose qui veut dire:
Oh, no doubt not — I dare not believe otherwise.
Oh ! sans doute non, je n’ose pas croire autrement.
But, I went on, I am your friend. We are old friends, and it would be sacrilege to neglect a relationship like ours.
Mais, ai-je continué je suis votre amie. Nous sommes de vieux amis, et ce serait un sacrilège de négliger des relations comme les nôtres.
Editors’ note
[One line crossed out]
[Une ligne rayée]
My aunt comes in, and I burst out laughing at the sight of her face — surprised, smiling and at the same time severe.
Ma tante entre et j’éclate de rire en voyant sa figure surprise, souriante et en même temps sévère.
She had put on a face suited to the occasion, but Rémy turns round and in an instant her face changes.
Elle a fait une face de circonstance mais Rémy se retourne et en un instant la face change.
Ah! ha! ha! Aunt, I am delighted with the surprise.
Ah ! ha ! ha ! ma tante, je suis enchantée de la surprise.
Not at all — I did not think what you suppose; I should never have believed you would receive this person here.
Rien du tout, je n’ai pas pensé à ce que vous croyez, je n’aurai jamais cru que vous recevriez cette personne ici.
Oh! Oh! Then why did you guess?
Oh ! Oh ! et pourquoi alors avez-vous deviné ?
Madame, she laughed at this prank the whole time; one could not get a word in.
Madame, tout le temps elle a ri de cette farce, on ne pouvait rien dire.
I should think I laughed — there was reason enough!
Je crois bien que j’ai ri, il y avait de quoi !
At last I calm down and, with a perfectly innocent air, ask for news of the theatres — whether I can see Le Procès Veauradieux3. He answers no.
Enfin je me calme et d’un air parfaitement innocent demande des nouvelles des théâtres, si je puis voir « Le Procès Veauradieux. » Il me répond que non.
What a pity — they say it is very amusing. Tell me, what is on at the Variétés?
C’est bien dommage, on dit que c’est très amusant; dites- moi que donne-t-on aux Variétés ?
Is it good?
Est-ce joli ?
Oh, delightful — one dies laughing.
Oh ! ravissant, on meurt de rire.
You have seen it — then tell me about it.
Vous avez vu, alors racontez-moi cela.
And he tells me the story of La Vie Parisienne, which I have seen ten times.
Et il me raconte « La Vie parisienne » que j’ai vue dix fois.
It is eleven o’clock, and my page departs, charged with finding me a horse.
Il est onze heures et mon page s’en va chargé de me chercher un cheval.
Notes
In English in the original. ↩
In French in the original: Bigre ! ↩
Le Procès Veauradieux (“The Veauradieux Lawsuit”): comedy by Alfred Hennequin and Alfred Delacour (Vaudeville, 1875). The French title is kept; no established English title. ↩
La Guigne (“Bad Luck”): the comedy then playing at the Variétés. The French title is kept; no established English title. ↩
La Vie Parisienne (“Parisian Life”): operetta by Jacques Offenbach (1866), known in English by its French title. ↩