Понеділок, 11 серпня 1879
J'ai passé deux heures chez les Gavini en tête à trois.
- Certainement Madame, mais je veux qu'il soit très riche.
Elle me parle de M. de Rivoli, je fais semblant de [le] dédaigner mais en réalité je n'ai pas assez d'argent pour cela. Tout cela est bien dégoûtant.
Jusqu'à présent je ne voulais pas qu'on dise que je suis riche mais depuis que M. de l'Ariège a failli apparaître dans le lointain je le veux au contraire. Ce petit vaniteux serait plus vite attiré par l'orgueil qu'on déploierait que par quoique ce soit au monde.
Mais ma vie est finie. Il n'y avait que Cassagnac pour moi...
Je crois que je dis vrai et quoiqu'on en pense, c'est vrai. Est-ce affaire de cœur ou est-ce que nous serions vraiment bien assortis ?... je ne cherche même pas. Je partirai demain, il faut une diversion, il faut un changement.
La fille Acard, beauté à moustache; à quarante ans elle aura de la barbe. La mère Couvelet, le petit beau-frère. Ô ignominie. Oui, il a fallu aimer cette créature pour avoir fait de telles stupidités !
On rit quand je parle de l'honneur de Cassagnac, je veux dire de cet honneur pour ainsi dire... supérieur et subtil qui s'opposerait à ce mariage. On ne croit pas à sa chevalerie. C'est égal.
Il aurait pu épouser quelque fille d'épicier à millions. Il l'a aimée au moins pendant un instant. Blanc dit qu'elle était sa maîtresse... Quoiqu'il en soit cela ne change rien à l'affaire.
Je ne veux pas me marier en France.
J'irai me marier en Russie l'hiver 1880-1881. C'est-à-dire l'autre hiver. J'aurais vingt-deux ans.