П'ятниця, 4 жовтня 1878
П'ятниця, 4 жовтня 1878
Samedi [28 septembre 1878]
*Je vous embrasse de tout mon cœur.*
*F. de Mouzay*
Aujourd'hui nous sommes restés près de quatre heures à une matinée dramatique et musicale internationale.
On a donné des morceaux d'Aristophane en d'affreux costumes et puis tellement abrégés, arrangés et refaits que c'était affreux. Ce qui a été superbe c'est un récit dramatique *Christophe Colomb,* dit en italien par Rossi. Quel organe, quelles intonations, quelle expression, quel naturel ! C'était mieux que de la musique... Je crois que cela paraîtrait admirable même si on ne comprenait pas l'Italien. Pendant que je l'écoutais je l'adorais presque autant que le Défunt.
Ah ! quelle puissance que la parole même quand elle est apprise, même quand cela n'est pas de l'éloquence. Le beau Mounet-Sully a récité ensuite... mais je n'en parlerai même pas.
Rossi fait du grand art, c'est un grand artiste dans l'âme; je l'ai vu à la sortie parlant à deux autres hommes, il est commun... c'est un acteur, mais un artiste à ce point doit avoir une certaine grandeur de caractère même dans la vie de tous les jours, je l'ai vu dans ses yeux; ce ne peut être un homme tout à fait ordinaire, mais le charme n'existe que tant qu'il parle... oh ! alors c'est merveilleux... Les nihilistes qui se moquent des Arts !