Субота 29 квітня 1876
Samedi 29 avril 1876
Me voilà donc dans cette chambre bleue après laquelle je soupirais et dans laquelle je soupire.
Les Sapogenikoff ont été chez moi et ont demandé à voir "mes victimes".
Il fait beau, il faudra aller un peu voir le monde qu'il y a...
Il me faut arranger un atelier, un oratoire, une bibliothèque.
D'ailleurs poco m'importe, je m'occupe de mon petit amour tranquille pour Pietro.
C'est assez drôle tout de même, et personne ne le soupçonne...
Voilà comment est composée la famille.
Le cardinal a fait un testament dans lequel il donne tout à son frère Louis...
Vous voilà au courant. Et à présent je vais m'habiller.
Nina, Marie, ma tante, M. Sapogenikoff et Walitsky s'en vont chez nous...
Saëtone, cette horreur que je nommais l'oncle Saëtone, vient nous souhaiter la bienvenue.
- Et votre portrait, Mademoiselle, celui que vous m'avez promis...
- Ah ! Monsieur, dis-je en souriant...
- Voilà ce qui s'appelle parler, dit-il en prenant la chose en plaisanterie...
- Nous serons charmées, Monsieur.
Par quelques mots adroits en parlant de notre amusant séjour à Rome...
- Mais vous nous resterez à Nice ? demanda-t-il.
- Sans doute nous reviendrons de temps en temps...
- Tout à fait ? fit Andriot en faisant une mine significative...
- Oh ! non point, je vous assure.
- Mais oh ! ho ! cependant...
- Je n'en sais rien en vérité.
- Vous n'en savez rien mais je me permets de supposer beaucoup...
- A tort, Monsieur, vraiment à tort, dis-je en riant du bout des lèvres.
- C'est égal, ce *tout à fait* me fait un effet...
Au diable le paysan !
Mon Dieu ! Jusqu'où peut aller la méchanceté du monde !
Or savez-vous ce qu'on a dit ?
Pauvres petites filles, des anges de patience et d'indulgence...
Mon Dieu et Sainte Madone, je suis si horrifiée de cette calomnie...
Cela me donne froid, je vous assure.
Nous avons tous dîné ensemble et après...
Elle est encore amoureuse du frère Emile...
Enfin voilà qu'a-t-il encore voyons ?
Nous avons fait la revue des chances de Pietro.
Le beau-père de la Garcia donnera sa fortune à son fils...
Puis Dina me dit combien elle regrette mon dégoût pour Bruschetti...