Середа, 23 лютого 1876
J'allais commencer le récit de ce grand jour...
Nous allons à notre balcon du Corso, en toilettes...
On a applaudi et il y a eu une bataille de fleurs.
Il y en a surtout un, très jeune, très blond et très gros...
Troili et Giorgio sont dans une belle voiture...
Pendant que nous sommes là à jeter et à attraper des fleurs...
des bouquets et les autres ont dû se demander qui était ce beau monsieur tout seul et si galant.
[En travers: Un homme ne doit rien dire de tendre quand il n'est pas présenté, ce me semble ]
Il me jure de garder cette fleur toujours, de la sécher dans sa montre.
— Quando lei ritorna a Nizza ?
— Nel mese d'aprile o forse di maggio , répondis-je.
Alors il promet d'être à Nice pour me montrer les pétales desséchées du camélia...
On est en carnaval ou l'on n'est pas en carnaval ?
J'avais préparé un autre camélia blanc avec la tige, pour Antonelli...
Les barberi passent comme le vent au milieu des huées et
des sifflets de la populace, et sur notre balcon on ne parle que la manière adorable...
Vous rirez peut-être de ce que je vais vous dire...
Trois quarts d'heure après, au plus fort de ma flirtation avec le voisin...
D'abord je n'avais pas compris, je n'avais pas vu Antonelli...
— Oh ! mais c'est splendide, criait la dame anglaise.
— E bello veramente , disait Bruschetti un peu vexé.
— C'est charmant, disais-je moi-même, enchantée jusqu'au fond du cœur.
Et portant mon trophée je me mis en voiture et nous partîmes.
[En travers: On voit bien que tout cela était de la nouveauté pour moi ]
Après m'avoir vue prendre son bouquet il me salua de sa façon calme et disparut de nouveau on ne sait par où.
Toute la soirée je ne parle que de cela...
— N'est-ce pas qu'Antonelli est adorable ?
Je le dis comme pour rire, mais je crains bien de le penser vraiment.
A présent je tâche de persuader aux miens que je m'occupe d'Antonelli...
le contraire de ce que je dis à présent [Mots noircis: on croira] et on aura raison.
Je suis de nouveau impatiente, je voudrais dormir pour abréger le temps...