Неділя, 3 січня 1875
Як іде час — вже дванадцять, навіть тринадцять років, як я вмію писати; яка я стара — за кілька днів мені виповниться шістнадцять."Ça me démange et m'épouvante. J'espère et hésite en même temps."
Dina, maman et Walitsky sont encore allés à San Remo, je sors seule avec ma tante.
L'Italien a une belle voiture et deux beaux chevaux qu'il conduit lui-même.
La petite de Galve est à cheval et Mme de Galve nous passe en fiacre et salue ma tante.
Nous allons au Cercle, il n'y a là personne qui compte. La Promenade est remplie et vide.
Je m'ennuie sans adorateurs comme si j'en avais toujours et y étais habituée.
Oh ! mais je ne regrette pas le vilain Polonais.
Ah ! que mes cheveux sont dorés, bouclés et jolis !
Je me suis regardée sans lever la tête, la lumière des bougies se reflète sur l'or des cheveux...
Ah ! que je ressemble au duc !... Je fais sa grimace !
Oh bonheur... c'est incroyable et mon pauvre cœur bat !
Quand je relève la tête ce n'est plus cela...
Triple folle !
Non ce n'est pas une ressemblance d'un instant et, tant que je suis inclinée, elle existe.
Souvent je me demande si je ne le hais pas...
Un instant je me suis dit que je le croyais beau parce que je ne l'avais pas vu de près...
Je n'avais pas fini de penser cela quand je pensais déjà autrement, tout le contraire.
Je dis des bêtises, je divague.
Promptement je tresse mes cheveux et relève la tête et anéantis la ressemblance avec ce diable.
Pauvre bête que je suis !
Et folles sont mes folies, douter de ce qu'il est le seul homme qui me peut plaire !
Oui je l'aime cent fois, mille fois, oui !
Et cependant si je le voyais avec sa femme il semble que je me voudrais égorger...
Aimer ! s'abaisser jusqu'à aimer un homme qui ne m'adore pas ! Fi ! je m'encanaille.
Et je trouve une bien grande douceur dans cette humiliation...
Peu m'importe quelle humiliation, être douce ? Non, mais odieuse, abominable.
Que voulez-vous ma seule distraction c'est d'aimer ce Satan !
Ce soir encore aux Italiens le même opéra, presque le même public à l'exception des Galve.
Arson, le frère de l'autre, nous est présenté par Paul...
Audiffret dans sa loge, mélancolique, la tête penchée sur le bras à l'air de rêver.
Ma tante trouve qu'il ressemble comme deux gouttes d'eau à son défunt mari...
Deux soirs de suite à ce théâtre et il me semble que je suis chez moi et cela me plaît.