Lundi 21 mai 1883

J’ai vu Julian, nous avons causé grandes médailles. Lefèvre et Rochegrosse et ce Tony qui veut se marier. On n’a pas idée de ça. Chaque fois qu’il vient ce sont des histoires sur son isolement et son désir de n’être plus seul et comme je lui donne trente-six raisons pour ne pas s’engager il me demande ce que je lui offre en place. Il aurait terriblement envie qu’on lui offrît quelque chose. Et je lui offre de faire un grand tableau. Je regrette beaucoup que Dina n’ait pas trois cent mille francs de dot. Ce serait parfait, car Tony est bon, honnête, bien élevé, gentil, grande situation artistique, père membre de l’institut, allié à la science par le Docteur Desmarre et à la bonne bourgeoisie. Enfin, ce serait fort bien. Mais s’il tient à se marier c’est pour encaisser, hélas. Enfin, il a raison ce brave Tony. Il est temps de s’installer définitivement, son art ne peut lui suffire à ce bourgeois, aussi je le bénis. On m’annonce toujours ma mention et cette promesse comme ça d’avance. Et si j’allais ne pas l’avoir. Pourtant lorsque tous ces hommes disent oui... et surtout le prudent Rodolphe.
On a donné des deuxièmes médailles l’année dernière, à des choses moindres que mon tableau... Pourtant...