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Dimanche 20 mai 1883
Maman est arrivée dans la nuit de jeudi à vendredi, nous avons une dépêche samedi ou elle dit que la santé de mon père est déplorable. Aujourd’hui son valet de chambre écrit que son état est désespéré.
Je ne m’affligerai que tout juste ce qu’il faudra. On désarme devant la mort; Paix et recueillement. On dit qu’il souffre beaucoup. Je suis contente que maman soit arrivée à temps.
C’est demain que l’on ferme le Salon pour trois jours. Pour voter les récompenses. Jeudi réouverture.
J’ai rêvé qu’on avait mis sur mon lit un cercueil et l’on disait qu’il y avait une jeune fille dedans. Et il resplendissait comme du phosphore la nuit.
Quand j’aurai du talent je me préoccuperai des gens comme maintenant, Bastien me préoccupe.
Je m’admire, la petite Suédoise mariée à Chadwick me demande mes impressions sur le Salon. Je lui écris donc et suis obligée de parler de son tableau qui représente de sempiternels pêcheurs au bord de la mer. C’est d’une couleur agréable mais le sujet me répugne. Je ne puis le lui dire. Je suis bien obligée de dire que son tableau est mieux que celui de l’année dernière, ce qui est vrai. Que le fond est d’une couleur vraiment charmante, c’est encore vrai et j’ajoute: « et le reste aussi, je suis très sincère. » Et comme je ne le pense pas je suis troublée en l’écrivant et deviens rouge, rouge comme une coupable. Est-ce que cette probité si absolue durera ?
Je sais seulement que pour le moment je recommence ma lettre pour supprimer les mots soulignés.
Villevieille a posé et puis nous allons au Bois, mais le Bois est si vert, si vert que c’est comme la suite de l’Amour au village; ce vert est vraiment trop vert.
Si l’endroit était si vert que ça, il n’y avait qu’à en chercher un autre. C’est vert et c’est lourd. Oh ! ce vert, ce vert, ce vert.
Sale bête de Bastien va.