Lettre recopiée · Lettre d’A. Multedo à Dina, Mont-de-Marsan, 19 août 1878Mont de Marsan 19 août 1878 Mademoiselle, Me permettez-vous de vous écrire, et pousseriez-vous votre bonté jusqu’à me donner de vos nouvelles ? J’apprends vous êtes allée à Ems rejoindre votre cousine. D’autre part il me revient que votre grand-oncle se trouve de plus en plus mal. Si un malheur devait lui arriver, Il vaut mieux que vous n’en soyez pas témoin et que votre cœur si bon ne soit pas soumis à l’épreuve cruelle d’un spectacle douloureux. Je me réjouis donc de votre départ. Cependant j’espére que, vous et votre cousine, vous reviendrez à Paris bientôt, afin que je puisse, le jour où je ne pourrai plus résister au regret de mon éloignement, aller vous y faire une visite pour prendre force et courage jusqu’à ma rentrée définitive au commencement de l’hiver. Auriez-vous la complaisance de me dire quand vous quitterez tous Ems pour Paris et si vous ne vous proposez pas de faire, après votre retour d’Allemagne quelque autre voyage ou excursion ? Soyez bonne et généreuse , Mademoiselle, comme les tendances naturelles de votre cœur vous portent à l’être habituellement : donnez-moi de vos nouvelles, des nouvelles de votre intraitable cousine. Dites-moi si elle m’a en horreur, ou si elle n’a pour moi qu’une indifférence dure et dédaigneuse. Dites-moi si vous êtes mon amie, si vous vous souvenez de la prière que je vous ai adressée tout bas le jour de mon départ et à laquelle vous avez répondu : « Je vous le promets. » Veuillez me répondre vite; je suppute combien de jours et d’heures il me faudra atendre votre réponse. Ecrivez-moi longuement et avec détails : chaque mot qui viendra d’Allemagne vaudra pour moi un diamant. Je mets mes respectueux hommages à vos pieds et à ceux de votre cruelle cousine et de votre tante. A. MULTEDO Est-il vrai que la fameuse guitare soit arrivée cassée?