# Mardi 20 février 1877

Mardi 20 février 1877

Ouf!
Je voulais ne rien ajouter à cette exclamation mais Merisano et l’officier sont restés appuyés à la grille en face de nos fenêtres pendant plus de deux heures, et il faut que je le dise. Il avait un air trop drôle.
Misérable, abattue, morte que j’étais je me suis mise à rire. L’officier avait l’air de l’admonester et le petit singe sautait et revenait sans cesse à la même place.
Aujourd’hui j’ai comme honte de tout, de Spa, de Rome, de Naples. Je m’imagine de telles choses, que c’est à en devenir folle. Maman malade ne fait qu’augmenter ces terreurs et ces hontes mystérieuses... une parole énergique et encourageante retournerait mes esprits mais il n’y a personne pour me la dire.
Ma voix perdue, mon piano abandonné, ma peinture arrêtée, toute ma vie comme emprisonnée dans un corset comme celui de Dina qui interrompt la circulation et fait pis que mourir !
Encore un mois, il faut rayer cette année de mon existence.
Ne pleurons pas trop, puisque nous pouvons partir à l’instant. Mais j’attends... comme; oui, mais ce n’est pas une raison pour accepter calmement une pareille vie !!
Ah ! tenez encore une fois ! Vous ne vous en ferez jamais une idée !