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Mercredi 25 octobre 1876 (13 octobre)
Je reçus une impression si odieuse avant-hier, qu’il me répugne de retourner à Gavronzi.Je suis agacée par les retards, et il me semble qu’on les crée.
Je regarde Nadine et je m’émerveille: orpheline à quatre ans, recueillie par Wassilissa (la folle d’à présent) chez laquelle elle fut comme un chien; et ce n’a été guère parce que la dame fût méchante ou avare, (Nadine avait une fortune) mais la vieille fille tout en procurant des professeurs à la petite, était incapable de s’en occuper et la laissait traîner avec les domestiques. Lorsqu’elle eut treize ans il fallut venir ici, car la riche Wassilissa était ruinée. A quinze ans et demi Nadine épousa mon oncle Alexandre dont elle se trouvait la cousine.
Etienne est le plus honnête homme du monde, mais agaçant ! Il a la manie et le talent de taquiner à rendre fou !
J’eus comme une scène avec Alexandre et l’argent arriva le soir. L’homme a mis deux jours à venir ici. Je suis injuste et qui sait ? On ne pouvait pas arriver plus vite, Vidnewka est à cent lieues d’ici, et presque pas de chemins de fer. Allons, c’est fini, et je regrette la scène à la suite de laquelle ce pauvre Alexandre se mit au lit.
Après le thé du soir nous vînmes tous dans sa chambre et je n’en sortis qu’à une heure.
Que Dieu lui rende sa bonté ! Il m’a calmée en me prouvant que Georges était la cause de tout, je savais cela, et que, Georges parti, tout se rétablirait à Nice.
Ah ! si c’était vrai !
J’ai fouillé dans des coffres, j’ai beaucoup donné de chiffons qui feront le bonheur de ceux à qui je les ai donnés. J’ai vu Marfa la femme de Trifon, ce gredin est marié, après huit mois de mariage il planta là sa femme pour suivre Monsieur. Marfa a une charmante fille de six ans qui a nom Pauline et qui ressemble à son fichu-père. Elle a aussi d’autres enfants... mais ce n’est pas sa faute, une robuste femme de chambre n’est pas abandonnée impunément par son mari.
Pourquoi écrire, ce n’est pas intéressant.
Je découvre subitement deux passions endormies. J’adore ma mère et la Divine comédie de Dante.