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Note des éditeurs
Vendredi 2 juillet 1875
[Cinq lignes cancellées]On lit dans Le Figaro de ce soir: On demande des jeunes gens séduisants et comme il faut, à Nice.
On s’en va à Monaco, je déteste cela, je suis seule et ne puis aller nulle part excepté chez Nina.
Je mets ma robe neuve de Worth qui n’est pas dans mon genre, cette robe est une robe élégante, mais pas comme j’aime, elle manque de poésie. Presque la première parole de Marie a été:
Ma chère, il vous a fait une déclaration en plein !
Qui ? demandai-je tranquillement, je pensais qu’elle voulait parler de Fiouloulou dans mon rêve.
Comment qui ! Mais lui, Girofla !
Quelle bêtise, ma petite and we let me drop the subject.
Nina s’habille et nous mène chez Rumpelmayer. C’est une femme que j’aime, elle ne fait pas d’embarras et est aussi folle que nous.
Le soir elle nous raconte ses histoires amoureuses, ses belles aventures. Je ne puis m’empêcher de douter.
Elle n’a jamais été belle. Il est vrai qu’il n’y a pas besoin de beauté pour cela.
J’ai un nouveau tourment.
On va organiser, au profit de ces pauvres inondés de Toulouse et d’autre part, des fêtes, des bals champêtres, des quêtes etc. etc.
De Mouzay est venue mercredi nous dire qu’on veut nous offrir d’être dames patronesses, (elle est partie hier). Elle nous a dit que l’on viendrait chez nous pour cela. On ne vient pas, je n’entends plus parler de rien. Mon Dieu est-ce que vous me ferez subir la vexation de me faire assister à ces fêtes en étrangère, en vilaine tandis que tout le monde y prendra part. Même en été, rien, rien !
C’est terrible.
Vrai Dieu ! Nice ne me donne qu’ennuis et chagrins. Je veux quitter cette ville maudite qui me maltraite tellement.
Cet hiver j’avais si grande envie de vendre au square Masséna.
Je voyais toutes ces heureuses taquines, taquines pas autre chose. Et moi, misérable, de côté, dans l’ombre, à me promener par ce vil jardin. Quel intérêt pour avoir une telle fête si l’on n’en est point ?
Je me lamente d’avance parce que je suis pleine de doutes, d’incertitudes à cause de l’habitude que j’ai de voir passer tous les plaisirs sous mon nez.
Vrai, dans ces moments détestables, je me sens disposée à me marier avec le Russe. Avec cet espèce d’Audiffret russe ! Oh non.
Je puis mieux espérer.
Oui, mieux, est-ce que jusqu’à présent tu peux, stupide créature, te vanter d’être heureuse ?
Je puis espérer mieux !
Et qu’est-ce qui me donne cette assurance ! Ne sommes-nous pas dans la plus exécrable des positions. Dédaignés même à Nice, même par les sales femmes d’ici. Et pourquoi ?
On n’a pas su se placer tout d’abord et dans la suite mon cher oncle Georges nous a fait tant de bons amis que je voudrais l’étrangler !