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Monday, 22 January 1883
Lundi 22 janvier 1883
This artist grows greater through persecution. One must not touch him, o Stéphanie? But I love him then. Some dirty invention will be the result — in the meantime, it cheers me up.
Cet artiste grandit par la persécution. Il ne faut pas y toucher, ô Stéphanie ? Mais je l’aime alors. Il y aura quelque sale invention comme résultat, en attendant on m’égaie.
For two months I have been seeing twice a week the doctor recommended by M. Duplay, who, as you may recall, did not have time to monitor me himself. The treatment that was to have certainly given good results has given none.
Depuis deux mois je vois deux fois par semaine le docteur indiqué par M. Duplay qui ainsi que vous vous le rappelez n’avait pas le temps de me surveiller lui-même. Le traitement qui devait certainement donner de bons résultats, n’en a pas donné.
I am no better, but one hopes it will not worsen. “And if it doesn’t worsen, you should count yourself fortunate.”
Je ne suis pas mieux, mais on espère que cela n’augmentera pas. « Et si ça n’augmente pas vous devez vous estimer heureuse ».
It is hard. The doctor is a young man with a perceptive and intelligent air; we have talked at every visit, especially since the death of the ever-lamented Gambetta. I went to my treatments with eyes still red from tears. In any case, this evening, as it was the penultimate session, he told me that M. Duplay had inquired after me several times — I had apparently intrigued him.
C’est dur. Le médecin est un jeune à l’air fin et intelligent, nous avons causé chaque fois, surtout depuis la mort du jamais regretté Gambetta. J’allais à mon traitement avec les yeux encore rougis de larmes. Enfin ce soir comme c’était l’avant-dernière fois, il m’a dit que M. Duplay s’est informé plusieurs fois de moi, je l’ai intrigué paraît-il.
As he clearly wished to tell me that I intrigued him as well, I draw him out by saying... That no, really — and why had M. Duplay been intrigued?
Comme il avait envie sans doute de me dire que je l’intriguai aussi, je le fais parler en disant... Que non, vraiment, et pourquoi M. Duplay a-t-il été intrigué ?
And since a certain easy familiarity has developed between this doctor and this unusual patient, I tell him frankly that it amuses me greatly to know the impression I make on people. Well, it seems that one sees three thousand patients of whom one rarely remembers anything, but that I had struck this terrible surgeon called Duplay. I seem to him? extraordinary, and he would have liked to talk with you.
Et comme une certaine familiarité s’est établie entre ce médecin et cette malade originale, je lui dis franchement que ça m’amuse beaucoup de savoir l’impression que je fais aux gens. Eh bien, il paraît qu’on voit trois mille malades dont on se rappelle guère mais que moi j’ai frappé ce terrible chirurgien qui s’appelle Duplay. Je lui parais ? extraordinaire et il aurait aimer causer avec vous.
— Oh! It is because you told him about all our conversations on politics and women’s rights...
— Oh ! c’est parce que vous lui avez parlé de toutes nos conversations sur la politique et le droit des femmes...
— Not at all, I assure you...
— Non pas du tout, je vous assure...
— But I didn’t say ten words to him.
— Mais je ne lui ai pas dit dix mots.
— In any case, I don’t know.
— Enfin, je ne sais pas.
— And you — do I intrigue you as well?
— Et vous, est-ce que je vous intrigue aussi ?
— Why yes.
— Mais oui.
— Well?
— Eh bien ?
— Well, as I have told you, there is nothing ordinary about you — you have ideas of your own, it is quite unlike anything one sees every day... You told me yourself that you were brought up like a man, and you advocate education and equality for women.
— Eh bien je vous l’ai dit vous n’avez rien d’ordinaire, vous avez des idées à vous, cela ne ressemble en rien de ce qu’on voit tous les jours... Vous m’avez dit vous-même que vous aviez été élevée comme un homme, et’vous prêchez l’instruction et l’égalité des femmes.
— Certainly, and so what do I represent
— Certainement, eh bien qu’est-ce que je représente
— Well, one places a large question mark.
— Eh bien, on se pose un grand point d’interrogation.
— And then?
— Et puis
— I don’t know, but what is certain is that you are extraordinary.
— Mais je ne sais pas, ce qu’il y a de certain c’est que vous êtes extraordinaire.
— Outlandish ideas, then?
— Des idées biscornues alors ?
— No, very sound, wide knowledge... In any case you are not like everyone else, and one places a large question mark.
— Non, très justes, des connaissances étendues... Enfin vous n’êtes pas tout le monde et l’on se pose un grand point d’interrogation.
— In short, do I seem respectable?
— Enfin, ai-je l’air respectable ?
— Why certainly.
— Mais certainement.
— Well, that is something... But what strikes me is that M. Duplay should have been struck? I did my best to have nothing... striking about me...
— Eh bien c’est quelque chose... Mais ce qui me frappe, c’est que M. Duplay ait été frappé ? J’ai fait mon possible pour n’avoir rien de... frappant...
What must he think, this young doctor who so willingly talked about public affairs with this poor incurable patient?
Qu’est-ce qu’il doit penser ce petit médecin qui causait si volontiers des affaires publiques avec cette pauvre malade incurable ?
So I am intelligent? What vanity! And to transcribe this conversation as though to give myself a certificate. No, but in any case it is true — with people like this doctor, like Emile Bastien, like Julian, I am at home; I produce interesting ideas that strike even me by their soundness... There is exchange, living conversation... I would be the same in that educated, modern, bustling world one meets at Mme Adam’s, for example... But at our house, with whom? With the minor people of society... It is absurd — for ten minutes of waltz or an exchange of pleasantries, responses to compliments... and then what?
Je suis donc intelligente ? Quelle coquetterie ! Et transcrire cette conversation comme pour me donner un certificat. Non, mais enfin c’est vrai, avec des gens comme ce médecin, comme Emile Bastien, Julian, je suis chez moi, j’émets des idées intéressantes et qui me frappent moi-même par leur justesse... Enfin il y a échange, conversation vivante... je serais de même dans ce monde instruit, moderne, grouillant qui se rencontre chez Mme Adam par exemple... Mais avec qui chez nous ? Avec les petits gens du monde... C’est fou pour dix minutes de valse où un échange de banalités, des réponses aux compliments... et puis ?
In any case! Heaven is not kind to me...
Enfin ! Le ciel n’est pas bon pour moi...