Wednesday, 30 June 1880
Mercredi 30 juin 1880
Au lieu de peindre, je prends miss Graham et nous allons rue de Sevres et passons la pres d'une heure en face les maisons des Jesuites. Mais il etait neuf heures et nous n'avons vu que les restes de l'agitation.
Je trouve cette dispersion bete et ne me l'explique que comme une mesquine revanche de M. Jules Ferry pour son article 7. L'influence des Jesuites vient d'etre considerablement augmentee; si on deteste leur doctrine, ce n'est pas ainsi qu'il faut s'y prendre... et il est tellement difficile de s'y prendre, qu'il vaut encore mieux ne pas y toucher.
Il n'y aurait qu'une fantaisie qui serait applicable. Donner toutes sortes de garanties, faire toutes les avances a tous les Jesuites qui existent, leur faire don d'un terrain, leur batir des maisons, leur creer une cite et quand ils seront tous la, faire sauter le tout. Je ne deteste pas tant les Jesuites que je les crains, dans l'ignorance ou je suis de ce qu'ils sont au juste. Est-ce qu'il y [a] quelqu'un qui sait cela au juste ?
Non ! Mais il est difficile de faire quelque chose de plus bete et de moins utile que cette dispersion ! Pourquoi Gambetta laisse-t-il faire ? J'ai cru un instant qu'il laissait faire pour intervenir victorieusement.
Ce soir les Engelhardt nous menent a l'Opera Comique dans la loge du marquis. J'etais trop lasse et dormais presque en pensant a Cassagnac... faute d'un autre et puis... si il est un sale personnage il est gentil quand meme... et puis pour ce que j'en fais !!!