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Monday, 2 September 1878
Lundi, 2 septembre 1878
I have resumed my work, so unfortunately interrupted on Thursday. I am in a daze. We have received several letters and condolence cards — from Mme Balagny and her husband, M. and Mme de Tunis, M. des Perrières, etc. Announcements have been sent to everyone: to Russia, Nice, Germany, Paris, Italy.
J’ai repris mon travail si malheureusement interrompu jeudi. Je suis hébétée. Nous avons reçu plusieurs lettres et cartes de visites de condoléances. De Mme Balagny et son mari. M. et Mme de Tunis. M. des Perrières etc. On en a envoyé à tout le monde, en Russie, à Nice, en Allemagne, à Paris, en Italie.
M. Nicolas no longer shows himself and sulks, telling the servants that we have robbed him. Truly there is no point in being honest — if one did not feel the need for it oneself, one would certainly not be so for others’ sake. These idiots, these cowards, seem unaware that hereditary estates are inalienable by testament, and that Grand-papa owned only a small amount of property he had acquired himself, which he has disposed of in favour of Maman, who was always his beloved and adored daughter. He leaves nearly five thousand dessiatines,1 [a Russian land measure] and could give only two hundred of them to Maman; what is fine is that he made this will three years ago in Nice, in the absence of all of us, with MM. Patton, Orgesko, Bihovetz, Anitchkoff and Walitsky as witnesses. There are these two hundred dessiatines and a few dozen more — fifty dessiatines of forest, I believe — which he leaves to Maman and which have value only because this small parcel adjoins and forms part, so to speak, of a small estate Maman bought some ten years ago. That is the whole of the “plunder”. The dirty creatures!
M. Nicolas ne se montre plus et nous boude disant aux domestiques que nous l’avons dépouillé. Vraiment ce n’est pas la peine d’être honnête et si l’on n’en sentait pas le besoin pour soi-même, on ne le serait certes pas pour les autres. Ces idiots, ces lâches semblent ignorer que les biens héréditaires sont inaliénables par testament, et que grand-papa ne possédait que peu de chose qu’il a acquis lui-même et dont il a disposé en faveur de maman qui a toujours été sa fille chérie et adorée. Il laisse près de cinq mille dessiatines, [mesure agraire russe] et il n’a pu en donner que deux cents à maman; ce qui est beau, c’est qu’il a fait ce testament il y a trois ans à Nice, en l’absence de nous toutes et avec MM. Patton, Orgesko, Bihovetz, Anitchkoff et Walitsky pour témoins. Il y a ces deux cents dessiatines et quelques dizaines, cinquante dessiatines je crois de forêt qu’il laisse à maman et qui n’ont de la valeur que parce que ce petit terrain touche et fait partie pour ainsi dire d’une petite propriété que maman a achetée il y a une dizaine d’années de cela. Voilà toutes les spoliations. Les sales gens !
The wretches — they covet this pittance, knowing full well that married daughters inherit nothing and that Maman would have had nothing without this gift Grand-papa thought to make her. They say: “They must have enough from the Romanoff fortune.” It is utterly stupid. The dirty creatures! Instead of mourning a father, they think only of money! Of money that no one has any wish or power to take from them. They imagine that we are stuffed, filled, padded, crammed with bills of exchange, bonds, etc. with the help of which which, by simulating debts, will force the sale of the estates and bring the money into our pockets.
Les misérables, ils envient cette misère sachant bien que les filles mariées n’héritent de rien et que maman n’aurait rien eu sans ce cadeau que grand-papa a pensé à lui faire. Ils disent: « Elles doivent avoir assez de la fortune Romanoff “. C’est tout à fait bête. Les sales gens ! Au lieu de pleurer un père ils ne pensent qu’à l’argent ! A un argent que personne ne veut et ne peut leur enlever. Ils pensent que nous sommes bourrées, remplies, rembourrées, empaillées de traites, d’obligations etc. à l’aide desquelles qui simulant des dettes feront vendre les propriétés et amèneront l’argent dans nos poches.
What horror. I believe they will bring a lawsuit over Dina’s fifty thousand roubles, because it was put in Maman’s name so that M. Georges cannot touch it. The dirty creatures — let us speak of them no more.
Quelle horreur. Je crois qu’ils feront un procès pour les cinquante mille roubles de Dina, parce que c’est fait au nom de maman pour que M. Georges n’y touche point. Les sales gens, n’en parlons plus.
Two hundred soldiers fell ill along the road, of whom four died — all while marching to manoeuvres somewhere. M. de Cassagnac thunders against the government, and this time the demi-god insults neither the Marshal nor his ministers nor the Republicans. All that would not be grand enough, and he takes advantage of his parliamentary immunity, which may soon cease, to operate on a grand scale. In his indignation he cries out and declares all France to be stupid. “Stupid French,” says he. Well, there goes the whole country, contents and all. Poor French, you are all idiots now. What an enchanter this Cassagnac is.
Deux cents soldats sont tombés malades le long du chemin dont quatre sont morts. Tout cela en se rendant je ne sais où pour les manœuvres. M. de Cassagnac fulmine contre le gouvernement et cette fois ce demi-dieu n’insulte ni le maréchal ni ses ministres, ni les Républicains. Tout cela ne serait pas assez grandiose et il profite de son inviolabilité, qui peut cesser bientôt, pour opérer en grand. Il s’écrie dans son indignation et traite toute la France de stupide. « Français stupides » dit-il. Bon, voilà tout le pays, avec son contenu qui y passe. Pauvres Français vous voilà tous idiots. Quel enchanteur que ce Cassagnac.
He has never been more brazen.
Il n’a jamais été plus crâne.
His election will be annulled without doubt — but he will be re-elected in triumph, without doubt. I am unhappily quite certain of it. It is not from that quarter that troubles will come to him, nor pleasure to me... I do not wish this man dead; I should not know what to do with myself. But I wish he did not carry himself so... well, after his wretched marriage. Is it not enough that he is married — must he also take from me the means of despising him? Every day brings him a new triumph. I do not believe this is purely in the imagination of your humble servant. The papers still speak of a marriage with Princess Thyra, and the Republic has all the appearance of not being solid. It is the confidence of these miserable Bonapartists that overwhelms and enrages me.
Son élection sera cassée sans aucun doute mais il sera sans aucun doute réélu en triomphe. J’en suis malheureusement bien sure. Ce n’est pas de ce côté que lui viendront les inquiétudes ni à moi un plaisir... Je ne souhaite pas qu’il meure cet homme, je n’aurais que faire de moi, mais je voudrais qu’il ne se pose pas si... bien après son sale mariage. N’est-ce pas assez qu’il soit marié; il faut encore m’ôter le moyen de le mépriser. Chaque jour lui apporte un triomphe. Je ne crois pas que ce soit uniquement dans l’imagination de votre servante. Les journaux parlent toujours d’un mariage avec la princesse Thyra et la République m’a bien l’air de ne pas être solide. C’est l’assurance de ces misérables bonapartistes qui me renverse et qui m’enrage.
My grandfather is dead; every day I go, in full mourning, with my family, to hear the prayers said before his coffin; my eyes are fixed and my cheeks pale. I think of my time in Rome, in Nice — and I rage!! Or I think of Cassagnac... without him I could endure the rest — but to know that this man understands everything so perfectly, to the point of smiling at the idea of the effect his speeches and affairs produce in me. He understands me so well and resembles me so much... I shall not deceive him...
Mon grand-père est mort, je vais tout en deuil, avec ma famille, tous les jours écouter les prières dites devant son cercueil, j’ai les yeux fixes et les joues pâles. Je pense à mon séjour à Rome, à Nice et je rage !! Ou bien je pense à Cassagnac... sans lui je supporterais le reste mais savoir que cet homme se rend si parfaitement compte de tout, au point de sourire à l’idée de l’effet que font sur moi ses discours et ses affaires. Il me comprend si bien et il me ressemble tant... Je ne lui en ferai pas accroire...
Notes
A dessiatine (desyatina) was a Russian unit of land measurement equivalent to approximately 2.7 acres or 1.09 hectares. Five thousand dessiatines would therefore equal roughly 13,500 acres — a substantial estate. ↩