Diary of Marie Bashkirtseff

Yesterday Dourassoff talked with them for at least an hour on the terrace, and here is the quintessence of all that conversation: they have no strong desire to be introduced — Auguste at least, for Gans is a child and says nothing. That is too much! I am filled with stupefaction and shame. Dourassoff also says they want to be introduced to me but not to the others... who are always with us. Absurd!

Hier Dourassoff leur a parlé pendant une heure au moins sur la terrasse et la quintescence de tout ces discours la voici: ils n'ont pas de désir vif d'être présentés, du moins lui Auguste car Gans est bébé et ne dit rien. C'est trop fort ! Je suis remplie d'ahurissement et de honte. Dourassoff dit aussi qu'ils veulent m'être présentés mais pas aux autres... qui sont toujours avec nous, c'est ridicule !

I have sent them a caricature by post; they are already so furious with me that one more offence will make no difference. I promised that distinguished woman [Mme Abaza] to tell her at the moment of departure one thing which has supposedly put my self-esteem to rest, and I exacted the most absolute secrecy... I shall tell her that Schwarz is desperately in love with me, that he has written to say so, and that seeing my contempt he has sworn to flee from me. I shall say it convincingly enough.

Hier Dourassoff leur a parlé pendant une heure au moins sur la terrasse et la quintescence de tout ces discours la voici: ils n'ont pas de désir vif d'être présentés, du moins lui Auguste car Gans est bébé et ne dit rien. C'est trop fort ! Je suis remplie d'ahurissement et de honte. Dourassoff dit aussi qu'ils veulent m'être présentés mais pas aux autres... qui sont toujours avec nous, c'est ridicule ! Je leur ai envoyé une caricature par poste, ils sont déjà tellement furieux contre moi qu'une misère de plus n'y fera rien. J'ai promis à cette femme distinguée [Mme Abaza] de lui dire au moment du départ une chose qui a soit-disant, mis mon amour-propre en repos et j'ai exigé le secret le plus absolu... Je lui raconterai que Schwarz est éperduement amoureux de moi, qu'il me l'a écrit et que voyant mes dédains il m'a juré de me fuir. Je le dirai d'une façon vraisemblable.

This morning I conducted a hunt as foolish as Dourassoff himself, who accompanied me with another Russian gentleman. We tracked Schwarz; these two men, who could not feel how ridiculous they were making themselves by joining in such a caper, must have exasperated the beautiful mummy, who came and sat close by us and took his coffee for two hours.

Ce matin j'ai fait une chasse bête comme Dourassoff, qui m'accompagnait avec un autre monsieur russe. Nous avons traqué Schwarz, ces deux hommes qui ne sentaient pas qu'ils étaient stupides, en prenant part à une pareille plaisanterie ont dû exaspérer la belle momie qui est venue se mettre tout près de nous et prendre son café pendant 2 heures.

I was with the Coubes and their little Nick. The Gans were calling the hens and I was keeping them from coming; we each tried to attract these interesting animals, and the Gans laughed and I laughed.

Ce matin j'ai fait une chasse bête comme Dourassoff, qui m'accompagnait avec un autre monsieur russe. Nous avons traqué Schwarz, ces deux hommes qui ne sentaient pas qu'ils étaient stupides, en prenant part à une pareille plaisanterie ont dû exaspérer la belle momie qui est venue se mettre tout près de nous et prendre son café pendant 2 heures. J'étais avec les Coubé et leur petit Nick. Les Gans appelaient les poules et je les empêchais de venir, nous tâchions chacun d'attirer ces intéressants animaux et les Gans riaient et je riais.

I then set about sketching Schwarz in a notebook and he set about sculpting me in butter. He imitates the hens' clucking and I the cock's crow, and little Nick says: "Fie! Gans! Bobo tip-tip" (hurting the chickens). The creature was hitting them with his cane. Once they had gone I put on a blue pince-nez, a hat like theirs, turned up my coat collar, took a ribbon in my mouth to simulate a moustache and, taking a cane, gave a performance for the Coubes! There was no one else.

Je me mis alors à croquer Schwarz dans un carnet et il se mit à me sculpter en beurre. Il imite le chant des poules et moi le cri du coq et le petit Nick qui dit: Fi ! Gans ! bobo tip-tip (fait mal aux poules). Cet animal leur donnait des coups de canne. Eux partis je mets un pince-nez bleu, un chapeau comme le leur, je remonte le col de mon paletot, prends un ruban dans la bouche pour simuler une moustache et prennant une canne, donne une représentation aux Coubé ! Il n'y avait personne d'autre.

At dinner he does not push back his plate! What eyes that man has!

Je me mis alors à croquer Schwarz dans un carnet et il se mit à me sculpter en beurre. Il imite le chant des poules et moi le cri du coq et le petit Nick qui dit: Fi ! Gans ! bobo tip-tip (fait mal aux poules). Cet animal leur donnait des coups de canne. Eux partis je mets un pince-nez bleu, un chapeau comme le leur, je remonte le col de mon paletot, prends un ruban dans la bouche pour simuler une moustache et prennant une canne, donne une représentation aux Coubé ! Il n'y avait personne d'autre. A dîner il ne se recule pas ! Quels yeux il a cet homme !

It has been demonstrated that chest diseases are perfectly repellent — yet this has not prevented consumptives from possessing a charm that other invalids never have, nor the healthy either, and which inspires in one a nameless charming compassion. I am wearing the blue pince-nez. Baron Schenck, that commissioner or prefect's son, is here. I scarcely speak to him and do not trouble myself about him — I do not even believe he is in love with me. Fie! How dreadful.

On a démontré que les maladies de la poitrine étaient parfaitement dégoûtantes mais l'on n'a pu empêcher les poitrinaires de posséder un charme que les autres malades n'ont jamais, les bien-portants non plus, et qui vous inspire on ne sait quelle charmante compassion. Je porte le pince-nez bleu. Le baron Schenck, ce commissaire ou fils de préfet, est là. Je ne lui parle guère et ne m'en inquiète point et ne le crois même pas amoureux. Fi ! l'horreur.

They say Schwarz has large blue eyes. They are divine.

On a démontré que les maladies de la poitrine étaient parfaitement dégoûtantes mais l'on n'a pu empêcher les poitrinaires de posséder un charme que les autres malades n'ont jamais, les bien-portants non plus, et qui vous inspire on ne sait quelle charmante compassion. Je porte le pince-nez bleu. Le baron Schenck, ce commissaire ou fils de préfet, est là. Je ne lui parle guère et ne m'en inquiète point et ne le crois même pas amoureux. Fi ! l'horreur. On prétend que Schwarz a des yeux gros-bleu. Ils sont divins.