Lundi, 12 août 1878
Hier Dourassoff leur a parlé pendant une heure au moins sur la terrasse et la quintescence de tout ces discours la voici: ils n'ont pas de désir vif d'être présentés, du moins lui Auguste car Gans est bébé et ne dit rien. C'est trop fort ! Je suis remplie d'ahurissement et de honte. Dourassoff dit aussi qu'ils veulent m'être présentés mais pas aux autres... qui sont toujours avec nous, c'est ridicule !
Hier Dourassoff leur a parlé pendant une heure au moins sur la terrasse et la quintescence de tout ces discours la voici: ils n'ont pas de désir vif d'être présentés, du moins lui Auguste car Gans est bébé et ne dit rien. C'est trop fort ! Je suis remplie d'ahurissement et de honte. Dourassoff dit aussi qu'ils veulent m'être présentés mais pas aux autres... qui sont toujours avec nous, c'est ridicule ! Je leur ai envoyé une caricature par poste, ils sont déjà tellement furieux contre moi qu'une misère de plus n'y fera rien. J'ai promis à cette femme distinguée [Mme Abaza] de lui dire au moment du départ une chose qui a soit-disant, mis mon amour-propre en repos et j'ai exigé le secret le plus absolu... Je lui raconterai que Schwarz est éperduement amoureux de moi, qu'il me l'a écrit et que voyant mes dédains il m'a juré de me fuir. Je le dirai d'une façon vraisemblable.
Je leur ai envoyé une caricature par poste, ils sont déjà tellement furieux contre moi qu'une misère de plus n'y fera rien. J'ai promis à cette femme distinguée [Mme Abaza] de lui dire au moment du départ une chose qui a soit-disant, mis mon amour-propre en repos et j'ai exigé le secret le plus absolu... Je lui raconterai que Schwarz est éperduement amoureux de moi, qu'il me l'a écrit et que voyant mes dédains il m'a juré de me fuir. Je le dirai d'une façon vraisemblable.
Ce matin j'ai fait une chasse bête comme Dourassoff, qui m'accompagnait avec un autre monsieur russe. Nous avons traqué Schwarz, ces deux hommes qui ne sentaient pas qu'ils étaient stupides, en prenant part à une pareille plaisanterie ont dû exaspérer la belle momie qui est venue se mettre tout près de nous et prendre son café pendant 2 heures.
Ce matin j'ai fait une chasse bête comme Dourassoff, qui m'accompagnait avec un autre monsieur russe. Nous avons traqué Schwarz, ces deux hommes qui ne sentaient pas qu'ils étaient stupides, en prenant part à une pareille plaisanterie ont dû exaspérer la belle momie qui est venue se mettre tout près de nous et prendre son café pendant 2 heures. J'étais avec les Coubé et leur petit Nick. Les Gans appelaient les poules et je les empêchais de venir, nous tâchions chacun d'attirer ces intéressants animaux et les Gans riaient et je riais.
J'étais avec les Coubé et leur petit Nick. Les Gans appelaient les poules et je les empêchais de venir, nous tâchions chacun d'attirer ces intéressants animaux et les Gans riaient et je riais.
Je me mis alors à croquer Schwarz dans un carnet et il se mit à me sculpter en beurre. Il imite le chant des poules et moi le cri du coq et le petit Nick qui dit: Fi ! Gans ! bobo tip-tip (fait mal aux poules). Cet animal leur donnait des coups de canne. Eux partis je mets un pince-nez bleu, un chapeau comme le leur, je remonte le col de mon paletot, prends un ruban dans la bouche pour simuler une moustache et prennant une canne, donne une représentation aux Coubé ! Il n'y avait personne d'autre.
Je me mis alors à croquer Schwarz dans un carnet et il se mit à me sculpter en beurre. Il imite le chant des poules et moi le cri du coq et le petit Nick qui dit: Fi ! Gans ! bobo tip-tip (fait mal aux poules). Cet animal leur donnait des coups de canne. Eux partis je mets un pince-nez bleu, un chapeau comme le leur, je remonte le col de mon paletot, prends un ruban dans la bouche pour simuler une moustache et prennant une canne, donne une représentation aux Coubé ! Il n'y avait personne d'autre. A dîner il ne se recule pas ! Quels yeux il a cet homme !
A dîner il ne se recule pas ! Quels yeux il a cet homme !
On a démontré que les maladies de la poitrine étaient parfaitement dégoûtantes mais l'on n'a pu empêcher les poitrinaires de posséder un charme que les autres malades n'ont jamais, les bien-portants non plus, et qui vous inspire on ne sait quelle charmante compassion. Je porte le pince-nez bleu. Le baron Schenck, ce commissaire ou fils de préfet, est là. Je ne lui parle guère et ne m'en inquiète point et ne le crois même pas amoureux. Fi ! l'horreur.
On a démontré que les maladies de la poitrine étaient parfaitement dégoûtantes mais l'on n'a pu empêcher les poitrinaires de posséder un charme que les autres malades n'ont jamais, les bien-portants non plus, et qui vous inspire on ne sait quelle charmante compassion. Je porte le pince-nez bleu. Le baron Schenck, ce commissaire ou fils de préfet, est là. Je ne lui parle guère et ne m'en inquiète point et ne le crois même pas amoureux. Fi ! l'horreur. On prétend que Schwarz a des yeux gros-bleu. Ils sont divins.
On prétend que Schwarz a des yeux gros-bleu. Ils sont divins.