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Wednesday, 13 February 1878
My drawing is not going well, and it seems to me that some misfortune is about to befall me.Mercredi 13 février 1878
Berthe arrives during dinner; she has intercepted a letter from her beau making an appointment with a lady for tomorrow. He is deceiving her, she is spying on him, she says what she imagines are cutting things, which he laughs at; he is playing with her — is she entirely stupid, or merely playing stupid in front of us?
Berthe vient pendant le dîner, elle a intercepté une lettre du bras qui donne rendez-vous à une dame demain. Il la trompe, elle l’espionne, elle lui dit ce qu’elle croit être des duretés dont il se moque; il joue avec elle, et elle est tout à fait bête ou bien fait la bête devant nous ?
I knew something was going to happen to me... great money troubles have come upon us; my mothers can only shout and say useless things — old recriminations that drive me mad.
Je savais qu’il m’arriverait quelque chose... il arrive de grands embarras d’argent, mes mères ne savent que crier et dire des choses inutiles, de vieilles recriminations qui m’affolent.
Maman makes herself entirely miserable through her own fault. There is one thing I beg, implore, order her not to do: tidy my things, empty my dishes, put my rooms in order. Well — whatever I say, she does it with an obstinacy that is like a sickness. And if you knew how maddening this is, how it increases my impatience and my abrupt way of speaking — which hardly need increasing.
Maman se rend tout à fait malheureuse par sa faute. Il y a une chose que je la prie, supplie, ordonne de ne pas faire. C’est de ne pas ranger mes choses, de ne pas vider ma vaisselle, de ne pas mettre en ordre mes chambres. Eh bien quoique je dise, elle le fait avec une obstination qui est comme une maladie. Et si vous saviez comme c’est exaspérant et comme cela augmente mes impatiences et mes façons brusques de parler, qui n’ont pas besoin d’être augmentées.
I believe she loves me very much; I love her very much as well, but we cannot remain together for two minutes without exasperating each other to tears.
Je crois qu’elle m’aime beaucoup, je l’aime beaucoup aussi mais nous ne pouvons pas rester deux minutes ensemble sans nous exaspérer jusqu’aux larmes.
Nothing drives one madder than being scolded at every instant; one does wrong — but if it is hammered into one’s skull like a blacksmith at his anvil, without ceasing, without respite, one does worse still; and as for me, I become absolutely furious, choke, and run off, hurling some pretty curse as I go.
Rien d’affolant comme d’être réprimandée à chaque instant; on fait mal, mais si on vous le tape dans la cervelle comme le forgeron avec son marteau, sans cesse, sans relâche, on fait plus mal encore et quant à moi j’en deviens absolument enragée, étouffe et m’enfuie en lançant quelque jolie malédiction.
Or else, when they mean to be good, they speak at me by talking to Dina, or in general terms... In short, we torment each other dreadfully together, and we would be miserable apart.
Ou bien, quand on veut être sage, on me parle en parlant à Dina ou bien en général... Bref, nous sommes bien tourmentées ensemble, nous serions tristes séparées.
I want to deny myself everything for the sake of drawing. I must remember it — that is life. Through it I shall win my independence, and then whatever is to come will come. Thus the best way to enjoy Popaul’s company is not to invite him, but on the contrary, not to receive him and to go and draw — the more sacrifices I make, the faster it will go.
Je veux tout me refuser pour le dessin. Il faut m’en souvenir, c’est là la vie. Par là je me ferai une indépendance et alors ce qui devra venir viendra. Ainsi le meilleur moyen de jouir de la société de Popaul n’est pas de l’inviter mais bien au contraire de ne pas le recevoir et d’aller dessiner, le plus je ferai de sacrifices le plus vite cela ira.
Ça ira, ça ira, the aristocrats to the lamp-post.1
Ça ira, ça ira, les aristocrates à la lanterne.
On my way back from the atelier I called at the Boyds’. Mme Boyd and her eldest daughter are working on a tapestry. Berthe put on a disguise and went to our house with Yorke. I come home — nobody even saw them.
En rentrant de l’atelier je suis entrée chez les Boyd. Mme Boyd et sa fille aînée travaillent à une tapisserie. Berthe s’est déguisée et est allée chez nous avec Yorke. Je rentre, on ne les a pas seulement vues.
Notes
Ça ira, the revolutionary song of 1790; its best-known version continues «les aristocrates à la lanterne !» (hang the aristocrats from the lampposts). ↩