❦
Monday, 22 January 1877
Lundi 22 janvier 1877 (Rayé: j’étais. Je vous) Nous allons aux Courses, on ne se voit qu’avec Rangoni, le Grec d’il y a cinq ans et la Souvoroff qui vient pour peu de temps et crie en passant qu’elle a froid.
Pelikan and Mme Zurmüllen come to eat with us, and I go with them to the grandstand, where there is a regiment of cocottes in white!
Pelikan et Mme Zurmüllen viennent manger chez nous et je vais avec eux à la tribune où se trouve un régiment de cocottes en blanc !
A dazzling drive home in superb weather.
Retour éblouissant par un temps superbe.
We settle on my terrace to watch the passers-by; Soroka goes past. I had already seen him at the races, and he had plunged forward over the barrier as he raised his hat to me.
Nous nous mettons sur ma terrasse à voir les passants, passe Soroka, je l’avais déjà vu aux courses et il avait piqué une tête par-dessus la barrière en me tirant son chapeau.
The celebrated Gautier comes onto the terrace, and we spend an hour squabbling.
Le célèbre Gautier vient sur la terrasse et on passe une heure à se chamailler.
At last, in the evening, I have a fit of despair that goes as far as moaning and drives me to drown the dining-room clock in the sea. Dina runs after me, fearing some sinister design, but it is only the clock. It was of bronze, with a Paul without his Virginie, angling, in a very pretty hat.
Enfin le soir j’ai une attaque de désespoir qui va jusqu’aux gémissements et qui m’a poussée à noyer dans la mer la pendule de la salle à manger. Dina me court après redoutant quelque projet sinistre, mais ce n’est que la pendule. Elle était en bronze avec un Paul sans Virginie, pêchant à la ligne, en très gentil chapeau.
All that is left for me is to go mad. I am quite astonished not to be playing the violin on a broomstick yet, or making lemonade out of pebbles! That will come!
Je n’ai plus qu’à devenir folle. Je suis bien étonnée de n’en être pas encore à jouer du violon sur un balai et à faire de la limonade avec des cailloux ! Ça viendra !
Dina comes to my room; the clock seems to amuse her greatly; I laugh too, but...
Dina vient chez moi, la pendule semble l’amuser fort, je ris aussi mais...
People, serious or frivolous, who stroll on the Promenade and go to the Cercle, will never understand that anyone could take my situation tragically; myself without I often laugh at these dramas myself...
Les gens sérieux ou frivoles, qui se promènent à la Promenade, qui vont au Cercle, ne comprendront jamais qu’on puisse prendre au tragique ma situation, moi-même sans souvent je me moque moi-même de ces drames...
At last, while teasing me, Dina gave me an idea... which makes me write these two letters in block capitals1.
Enfin, tout en m’agaçant Dina me donna une idée.... qui me fait écrire ces deux lettres en lettres d’imprimerie.
Copied letter · Lettre anonyme que Marie s’écrit à elle-même en lettres d’imprimerie, signée « Don Fortunato », 22 janvier 1877Wretched girl! With your white gowns you look like an advertisement for innocence! Leave the world! The convent opens its arms to you! Don Fortunato.
Malheureuse ! Avec tes robes blanches tu as l’air d’une réclame de candeur ! Quitte le monde ! Le couvent te tend les bras ! Don Fortunato.
Copied letter · Lettre anonyme que Marie s’écrit à elle-même en lettres d’imprimerie, signée « Turcan », 22 janvier 1877Having lately arrived in Hell, I met your soul there in the company of the most frightful rogues, male and female. Turcan.
Arrivé depuis peu aux Enfers j’y ai rencontré ton âme en compagnie des plus affreux coquins et coquines. Turcan.
Both are addressed to Mlle Baschkirtseff, by post.
Toutes deux sont adressées à Mlle Baschkirtseff par poste.
Every Monday weighs on me particularly. The Prefecture receives... and our most relentless enemies. The Tutcheff has an insolent air that revolts me.
Chaque lundi me pèse particulièrement. La préfecture reçoit... et nos plus acharnés ennemis. La Tutcheff a un air insolent qui me révolte.
I have ruined my complexion with crying every day. The thing is, my torment is daily. And at every moment I want to write that I am suffering, that I cannot bear it any longer! You know it; there is no need to repeat it and explain it in every line!
Je me suis abîmée la peau à force de pleurer tous les jours. C’est que mon tourment est chaque jour. Et à chaque instant j’ai envie d’écrire que je souffre, que je n’en peux plus ! Vous le savez, il n’y a pas besoin de le répéter et de l’expliquer à chaque ligne !
But no, you will never have any idea of it; never will you understand my grief at weeping over something so shameful!
Mais non, vous ne vous en ferez jamais une idée, jamais vous ne comprendrez mon chagrin de pleurer pour une chose si honteuse !
Notes
Marie wrote these two anonymous letters to herself and posted them. “Turcan”, the signature of the second, was the name of a man executed in Nice for murder in December 1876 (Marie mentions the execution on 15 December). ↩