Pátek, 23. června 1876
Hrdina románu se jmenuje Pietruccio1 — ale Irène ho nemiluje; miluje Leoneho, liberála, a on miluje ji. Pietro, hrabě Clementi, synovec kardinála, jenž dříve rozohňoval lid a pod otcovskou vládou Pia IX. (Mastai Ferrettiho)2 není ničím. Pietro, říkám, předstírá liberálnost — nepochybně proto, aby zradil, neboť jsem přesvědčena, že je příčinou neštěstí, jež postihnou Irène, jejího snoubence, jejího bratra atd. — a především Itálii.# Vendredi 23 juin 1876
Leone dit qu'il aime l'Italie mieux qu'Irène : « l'Italie avant tout, avant toi-même. » C'est ce que me disait mon ami à moi, et il me mettait même en colère.
— Je vous aime, disait-il, je n'aime que vous, je me tuerai si vous l'ordonnez, mais avant vous l'Italie ! S'il y a la guerre je vous quitterai, si ma patrie a besoin de moi je me sacrifierai moi-même et je lui sacrifierai tout. - Avant moi l'Italie ? m'écriais-je. — Oui, avant tout, Dieu et la patrie. — Oh!
Alors il ne me répondait même pas et, les yeux levés vers on ne sait quoi, s'exaltait à parler de sa *patrie*. Le seul moyen de ne pas enrager c'est de ne faire qu'un avec l'homme et de se mettre à aimer comme lui cette patrie. O les hommes ! Ils ne le disent que par vanité, par affectation, ce n'est qu'une pose ! J'aimerais bien voir un homme placé entre sa patrie et une femme aimée, mais aimée réellement, et on verrait bien qui il choisirait s'il n'y avait personne pour le voir.
Comme on allait à la gare reconduire Bibi, l'idée me vint d'aller aussi faire de la coquetterie, car il y a là toujours quelque arrivant ou partant. Il faisait très chaud, je mis des souliers Louis XIV jaunes, une jupe à galon brodé et un bédouin mis à la manière des gens de Tunis, c'est-à-dire un bras passé au-dessus du capuchon qui pend en guise de longue poche sous le bras. J'avais l'air très extraordinaire mais très jolie.
Puis j'ai lu, puis j'ai pleuré... en regardant le portrait... Comment ! Je daigne l'aimer, le regarder, le désirer et il ne le sent pas, et il n'en est pas heureux jusqu'à la folie, et il ne m'aime pas assez pour tout renverser, ou se casser le front contre le mur !