П'ятниця, 25 лютого 1876
Il n'y a que promenade de gala, nous étions à la villa Doria...
Je me suis coupée le doigt et j'écris fort mal.
A douze [heures] nous allons à l'Apollo, dans une loge en bas...
Enfin Bruschetti qui nous reconnaît prend Dina pour moi et commence ses tendres protestations.
Dina parle mal, ou peu l'italien, il finit par me retrouver...
Je rencontre le prince Mechtchersky et m'en vais avec lui...
— Où est ton parapluie, lui dis-je, tu es sec, il ne pleut plus.
D'abord il reste étourdi puis:
— *Madamoisela,* vous, promenez avec moi, s'écria-t-il...
— Un an, dit-il comme il le dirait dans un salon.
Quelle brute, je lui dis quelques bêtises et passe outre.
— Dov'è il tuo ombrello ? demandai-je à Giorgio...
— Oh ! je vous reconnais !
Et il voulait courir après Troili mais je lui dis:
— E inutile, l'ho veduto, lo sa.
Avec le prince je me fais passer pour une Italienne...
Mais me voilà accostée par un domino...
Doria, Cesaro, tous ces gens sont là.
L'officier du Capitole voudrait bien aller avec moi mais je le traite de présomptueux...
Antonelli est à cheval sur le bord d'une loge, et cause avec une femme peinte...
A grand peine je parviens à lui toucher l'épaule à travers mille obstacles:
— Buona sera cardinalino ! lui criai-je d'une voix déguisée.
— Buona sera carina ! me répondit-il...
Mais la claque sur la main me gâtait tout et je rentrai dans ma loge...
— Il ne veut pas te parler, dit-elle.
— Demande-le, lui dit l'homme.
— N'est-ce pas que vous ne voulez pas parler à ce masque ? Walitsky fit une grimace.
— C'est ton mari ? dit le domino.
— Oui, va-t-en !
Et il partit, mais j'en suis restée tremblante et misérable...
Walitsky soupire et hurle doucement, maman le lui reproche...
Ce charmant quatuor quitte l'Opéra vers trois heures et demie.
Je rentre furieuse.