Неділя, 20 лютого 1876
Je me lève avec un grand mal de tête, mais vraiment un mal de tête fait plaisir une fois par an...
De sorte que je ne me plains pas, nous allons à la villa Borghèse où il y a foule...
Heureuse Italie d'avoir une pareille reine future.
J'ai rougi mais je n'ai pas bougé tout comme si je ne les avais jamais vus.
L'homme que nous avons pris pour Antonelli, l'autre jour au Corso, n'était pas Antonelli...
Les prêtres sont contents.
Tout cela est pour prouver au pauvre peuple combien tout dégénère...
Mais qui je vois ! Un homme de Nice, Mayer, le gros Mayer !
Ce soir grande illumination de l'escalier et de l'église sur la place d'Espagne...
La jolie princesse est dans son avant-scène...
Un autre homme de Nice, celui-là je ne le connais que sous le nom de Petit-Paul.
Et pas d'Antonelli. Bigre !
Je me tiens au fond de la loge où viennent me chercher les lorgnettes...
La porte s'ouvre pour amener Rossi et, derrière Rossi, Antonelli en grande tenue...
Ce soir il m'a paru grand.
Je reviens d'un bal, mais je n'y suis resté que cinq minutes...
A propos de gens culbutés hier par les chevaux...
— Vous jouez au Cercle ? demanda maman.
— Non, madame, je reste là et je parle, ou bien je prends du thé à la crème...
— Vous pourriez le faire à la maison, dit-elle en souriant.
— Ah ! non, mon père ne veut pas qu'on prenne du thé à la crème à une heure du matin...
Antonelli présente un mélange singulier de vivacité et de langueur...
On parla de musique.
— J'étais très bon violoniste, dit-il.
— Pourquoi le passé ?
— Parce que je ne peux plus à présent, regardez...
— Une blessure ! en duel n'est-ce pas ? demandai-je...
— Oh ! non, c'est en attrapant les mouches, dit-il...
[En travers: Il ne s'était jamais battu ]
Pas un mot, pas un regard qui puisse faire croire qu'il m'ait reconnue au bal.
Seulement il ne savait que faire de ses jambes et de ses mains...
Ce n'est qu'au commencement du ballet qu'il s'en alla pour aller chez une dame.