Вівторок, 24 червня 1873
# Mardi 24 juin 1873
Depuis le matin, nous déménageons. Ce qu'il y a eu de peine, d'embarras, d'ennuis, ne peut se raconter. A deux heures, nous déjeunâmes à la hâte, et puis tout le temps à arranger, à transporter des meubles, à débarrasser les chambres. Grand-papa, maman et Paul sont en bas, la salle à manger aussi. Nous tous au premier et deux salons et un troisième qui sert d'entrée. Je ne vais pas décrire l'appartement, je dirai seulement qu'il est commode, grand et pas laid.
Ici, j'ai ma première chambre à part, j'en suis très satisfaite, elle a deux fenêtres et une porte vitrée, donnant sur une terrasse semblable à celle qui est près du salon jaune, nous en avons un, pas si joli que l'autre, celui-là n'a que les meubles jaunes, les rideaux sont différents. Toute cette maison, excepté le grand salon et ma chambre me rappellent *la station de Fédorovna*. Quand toutes les choses furent dans la maison, j'entrais au salon et je le vis tellement encombré que j'étais presque découragée. Je croyais que jamais nous ne pourrons mettre tout à sa place. Je me mis à l'œuvre cependant. Pour les tableaux seuls, je dus employer presque tout le temps. Monter sur les tables, clouer les clous, mesurer les distances. Les plantes des pieds me brûlaient et dolevano. Et si on laisse faire cela aux domestiques, ce sera diablement mal fait. Il est impossible ou plutôt trop long de décrire tout ce que j'ai eu à faire. Ma chambre est la plus belle de la maison.
A huit heures nous avons dîné. Les Anitchkoff demeurent derrière nous. Nous sommes porte à porte et nous avons une invasion d'enfants. Ces enfants sont si détestables. Ils m'ennuient tellement. Enfin, à onze heures et demie je me couchai fatiguée à l'impossible.