П'ятниця, 6 червня 1873
# Vendredi 6 juin 1873
En passant la villa de Gioia, la petite terrasse à droite attira mon attention. C'est là que l'année avant-dernière, en allant aux courses, je / 'ai vu assis avec elle. Devant eux un plat. Il était assis de sa manière majestueuse, noble et légère en même temps, un gâteau à la main. Je me souviens si bien de toutes ces bagatelles.
En passant nous l'avons regardé, lui aussi. Il est le seul dont maman parle, elle l'aime beaucoup et j'en suis charmée. Elle a dit: *"Voilà Hamilton, il mange des gâteaux, eh bien, c'est tout naturel, il est chez lui".*
Je ne l'aimais ou plutôt je ne m'étais pas encore rendu compte de cette espèce de trouble en moi en le voyant. Maintenant seulement je comprends et je me souviens des moindres détails le concernant, les moindres paroles prononcées de lui. Quand Rémy vint me dire aux courses de Bade qu'il vient de parler au duc de Hamilton, mon cœur eut une secousse que je ne compris pas. Puis quand à ces mêmes courses, la Gioia était assise à côté de nous et parlait de lui, j'écoutais à peine. Oh ! combien n'aurais-je donné pour les entendre aujourd'hui ces paroles ! Puis lorsque je passais le magasin anglais, il était là, il me regardait, ayant l'air de dire:
"Comme elle est drôle cette fillette, qu'est-ce qu'elle s'imagine, qu'elle est ridicule" d'un air moqueur. Il avait raison, j'étais très drôle alors avec mes robes de soie, j'étais ridicule !
Je ne le regardais pas. Puis enfin, toutes les fois que je le voyais, toutes les fois mon cœur faisait un bond et donnait un coup si fort dans ma poitrine que cela me faisait mal. Je ne sais si quelqu'un a éprouvé cela, mais quand je le vois mon cœur tape si fort que j'ai peur qu'on l'entende. Avant, je pensais que le cœur n'était qu'un morceau de chair, maintenant, je vois qu'il communique avec l'esprit. Je comprends maintenant quand on dit: "Mon cœur a battu." Avant, au théâtre, quand on le disait, je le думала sans attention, maintenant je reconnais les émotions que j'ai éprouvées.