Вівторок, 11 лютого 1873
Mardi 11 février 1873
A la promenade, j'ai une jolie robe noire en velours, un chapeau avec des roses. Il y avait les régates. Plus de soixante petits bateaux. Une foule immense regardait ce curieux spectacle.
Le soir, on est rentré pour aller dîner chez les S...
Moi, je suis sortie tout seule en voiture avec Prater, à côté de moi.
On me regardait beaucoup.
J'ai vu Gioia à pied. Boreel m'a regardée et j'ai fait semblant de ne pas le voir. Cela a dû l'ennuyer.
J'étais très bien. Il me semble que je serai très jolie quand je serai grande. Comme je serai contente s'il devenait amoureux de moi. Cela me vengerait.
Quel dommage que lui ne m'ai pas vue. Lorsque tous les autres m'admirent.
Nous sommes rentrées à trois heures et demie du matin. J'étais très fatiguée et demain, il fallait me lever à huit heures, mais j'ai voulu absolument écrire mon impression avant de me coucher.
Boreel était à ce bal. Il m'a paru une fois encore indifférent, mais j'aurais été cependant furieuse qu'il dansât devant moi avec une autre, j'étais ennuyée de le voir faire la cour à une jolie Ecossaise. Il n'était pas gai, mais tendre, amoureux empressé.
Ah ! comme je voudrais qu'il devienne amoureux de moi pour le punir !