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Lundi 21 novembre 1881
Il me pousse ma première dent de sagesse, à gauche en bas.Il y a au premier étage du n° 36 rue Vivienne un cercle et c’est dans un des salons que sont exposés les études et le projet pour le panorama de Lourdes par Carrier-Belleuse1, le fils du statuaire, j’ai demandé à acheter, le monsieur est venu très aimable et gentil, ne peut vendre ayant besoin de tout pour l’exécution en grand. Ma tante et Brisbane étaient là, il est venu nous voir hier pour me dire beaucoup de flatteries... Pourtant ces flatteries portaient juste sur les points approuvés par Tony. Mais il s’agit bien de cela !
On a envoyé cherché Potain2 mercredi, il est venu aujourd’hui, pendant ce temps-là j’aurais pu crever. Je savais bien qu’il m’enverrait encore dans le Midi et en étais d’avance les dents serrées et la voix tremblante et des larmes que je fais rentrer par des efforts considérables. Aller dans le midi s’est se rendre. Et les persécutions de ma famille me font un point d’honneur de rester debout quand même.
M’en aller c’est le triomphe de toute la vermine des Mouzay et de l’atelier. Elle est très malade, on l’a emmenée dans le Midi.
Si j’avais une autre famille, cela se pourrait, mais ces gens qui., tenez cela fait trois jours que j’en parle à ma tante, je lui dis eh bien oui, je suis malade mais si vous voulez me bien soigner et ne pas me désespérer je vous en prie ne le criez pas sur les toits, pour vous j’ai bonne mine et je suis debout, ne les détrompez pas, qu’est-ce que ça peut vous faire, bien souvent on cache des choses si graves; ça c’est une prière de malade, c’est un point de folie si vous voulez; enfin, n’allez pas à propos de bottes vous lamenter partout sur ma santé, soignez-moi mais ne le racontez pas. Ce n’est même pas intéressant, vous ne comprenez donc pas ce qu’il y a là pour moi de triste, d’humiliant, de douloureux !
Bon, Saint Amand vient dîner hier avec nous et au milieu de la conversation:
-« Mais je vous trouve une mine superbe ! Votre tante m’a fait une peur hier ! Je la trouve en larmes et elle me dit que vous avez la fièvre et êtes très malade j’allais me précipiter croyant que l’enfant râlait à côté, pas du tout, sortie, à l’atelier.
Et d’une. On sonne dans l’antichambre voir qui c’est, les Gavini se précipitent: »
— Comment ! chère enfant qu’est-ce que vous avez donc? Ah ! Mon Dieu.
— Mais je vais très bien, je n’ai rien.
Alors un regard stupéfait du couple à ma tante qui avait eu le temps de souffler que je suis très malade.
Je vous en préviens,on me rendra folle ici. Je ne comprends pas des stupidités aussi malfaisantes que ça. J’en deviens folle de rage à me demander, mais enfin pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
Pourquoi le fait-on !
Poznámky
Carrier-Belleuse, «le fils du statuaire»: a painter son of the sculptor Albert-Ernest Carrier-Belleuse (1824–1887); probably Pierre Carrier-Belleuse (1851–1932), a painter of panoramas. ↩
Pierre-Carl Potain (1825–1901), eminent French physician, a specialist in heart and lung disease. ↩