Lundi 21 mars 1881

Je fais mes huit jours de vacances. D’abord, disons que Marie, femme d’Etienne est arrivée ce matin après avoir passé un mois à Nice où son volage époux se cachait d’elle avec la Hamsley.
Nous sortons avec maman, chez les Gavini que je n’aime plus vous savez, ils sont assez fiers de ce que j’ai fait si bon effet à la première de Patti, tout le monde a demandé qui est cette jeune fille. On m’a trouvée très bien, jolie, élégante. Invitation vendredi à l’Opéra mais faites-vous belle, on s’occupe de vous, il faut faire sensation. Puis chez les Colucci qui sont de braves gens mais embêtants et chez les Juvisy.
J’oublie Dalmas qui me fait des souliers et Doucet un costume pour mercredi, bal chez M. de Dalmas, costumé, paré, masqué. Très élégant et très chic, les Gavini m’ont recommandé d’être très belle (c’est eux qui ont eu l’invitation), ils y vont.
Saint Amand est venu samedi, hier et aujourd’hui sans nous trouver. Il a fait part de ses inquiétudes à Rosalie, est-elle reposée un peu, surtout qu’elle se couche de bonne heure, qu’elle soit reposée, très jolie mercredi. Et qu’elle pense à un costume chic, qu’elle soit belle enfin.
Doucet me fait un costume Directoire ou Consulat en crêpe de Chine blanc, peplum serré sous les seins, souliers à cothurnes, guirlandes, enfin, je vous raconterai cela.