❦
Samedi 16 avril 1877
Je suis agacée. Mme et Mlle Gatowsky passent deux heures charmantes chez nous et s’en vont en m’embrassant et disant que je suis réellement la plus heureuse personne du monde.Je suis gaie, mais ce sont les nerfs.
Nous nous sommes salués avec Larderel aux balcons. Il était en vêtement de laine blanche; je lui ai envoyé une grimace et un geste d’admiration comique, après quoi il a été [remplacé] près de la balustrade par son éponge.
J’ai merveilleusement deviné le moment où il se metterait en voiture et lui ayant fait signe d’approcher :
- Ayez l’obligeance de passer ici à trois heures et demie.
Il me répondit une politesse ordinaire et je suis rentrée faire ma toilette de promenade.
Nous avons rencontré la princesse Marguerite à la campagne, seule avec son mari, dans une simple voiture à livrée de cour. C’est la première fois qu’ils sont ainsi depuis l’incident des deux soufflets. J’en suis ravie. Il y a je ne sais quoi d’attendrissant dans l’amour conjugal des sphères très élevées et dans la misère.
Note des éditeurs · note of the Cercle edition’s editors on the manuscript
[Fin de page blanche]
Au moment où j’attendais Larderel, Doenhoff est arrivé avec maman et Dina.
Je n’en ai jamais d’autres.
Il aura vu de sa chambre, il était chez lui.
J’ai produit une certaine impression sur un certain Ruspoli (un cadet je crois) de Rome qui a dîné à la table d’hôte, après quoi il a causé avec maman dans le salon de lecture. C’est le Ruspoli qui a été député. Il est veuf, il a quarante ans, il est gros, et commun, il parle mal.
Je suis si agacée !
Doenhoff sort d’ici. Il est charmant. Mais je ne suis bien qu’avec Rosalie. Pourtant j’étais très agitée ne pouvant retrouver ce que j’avais préparé dix fois pour dire à Larderel. Je n’ai pas besoin de composer, mais ce que j’ai trouvé au premier moment s’était perdu dans cette attente.
J’ai retrouvé.
Bonsoir.