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Jeudi 8 février 1877
Je suis partie plus gaiement que je ne pouvais m’attendre.Le général et Meyssner sont arrivés à la gare avec des bonbons et des fleurs; Rangoni est arrivé sans rien, si avec des amabilités. La princesse Souvoroff, qui allait à Monaco, dit qu’elle venait pour nous reconduire et se mit dans le même wagon que nous et Pelikan.
Jusqu’à Monte-Carlo nous étions donc tous ensemble, c’est-à- dire maman, moi, Dina, Pelikan, ma tante, Walitsky et la princesse Souvoroff. Cette dernière est allée jusqu’à m’offrir en mariage le second prince Tchwertinsky, et elle ne cessait de faire ressortir tous les avantages d’un pareil parti. Le prince va arriver.
Je me suis endormie à Vintimille et je ne me suis réveillée qu’à Rome, [Mots cancellés], moralement et physiquement.
Malgré moi je dus rester jusqu’au soir, car le train pour Naples part à dix heures seulement.
Toute une journée à Rome ! Chez Spillman on apprend que ce soir il y a un grand Veglione à l’Apollo1. Je souffle à Pelikan que maman doit se reposer cette nuit et nous restons.
Je prends Dina, nous nous encapuchonons tout en noir et prenant un landau parcourons le Corso en carnaval. Nous avons un succès de tristesse et comme nous ne bougeons pas, raides et noires, on crie: Morte !
Je cherchais des figures de connaissances lorsqu’à mes regards surpris s’offrit Oscar. Je lui ai hurlé on ne sait quoi, et plus loin Plowden et Zucchini. Nous rentrons à l’hôtel en robe de ville ayant opéré le changement à la faveur du landau fermé et au crépuscule.
Aussitôt Pelikan couché, je suis prise d’un terrible mal de tête, je me couche donc avec des compresses d’eau froide et m’endors jusqu’à onze heures et demie.
Le capuchon de Dina se fait chercher, je prie le ciel de me donner de la patience, il est minuit, nous sommes à l’hôtel Bristol qui est plus loin. Quand tout le monde est prêt, et quand les deux dominos noirs et le domino rose sont sur l’escalier Rosalie s’aperçoit que la grande porte est fermée et que tout l’hôtel est couché !
C’est à s’arracher les cheveux. Heureusement un monsieur qui rentre sonne, on lui ouvre, nous sortons. Alors autre chose, pas de voiture ! Rosalie cherche et trouve, jusqu’à ce que nous franchissons la porte du théâtre trois incidents se produisent; tantôt les billets oubliés, tantôt des peurs qui me font aller du côté tout autre que celui de l’entrée.
Enfin nous entrons et si mesquinement déguisées que personne ne peut soupçonner, surtout ne nous sachant pas à Rome.
Sur l’escalier je vois un homme blond d’une grande beauté, je m’approche... c’est ! Alors Me trouvant en détresse je prends le premier venu, par conséquent cet homme.
- Bruschetti, dis-je en lui touchant l’épaule.
Il nous trouve la loge et comme je l’intrigue il propose un tour dans la salle. J’accepte. C’est un cavalier solide. Il est si bon et si simple qu’il ne sait pas le langage du bal. li m’avoue n’être arrivé que ce matin.
Alors, entre autres, je lui annonce la mort de la Russe qui était toujours en blanc. Il pousse une exclamation mais se reprenant aussitôt me dit que c’est bien la même chose pour lui.
Je le quittai avec la conviction qu’il aime toujours. Hélas...
Merjeewsky assis sous une colonne attend “une dame de Spa”. Je lui ai écrit ce soir.
Au bout de deux mots, il me reconnaît, je m’avoue et me fais du jeune homme un protecteur, le plaçant tantôt comme un rempart, tantôt comme une contenance.
Je passe comme un ouragan devant Angelini, Belmonte, Muliterno, Braschi, Bruschi, Paparigopoulos, Guiccioli, Tiberini, Ingami, Boutenieff, Patechino, Fosti le chanteur, Clemente Torlonia, Rossi, Gianotti, leur jetant à chacun une phrase, un mot qui les intrigue plus ou moins. Je savais qu’Antonelli n’y serait pas, sinon masqué, mais je désirais tant le voir que je l’espérais. Je voulais du moins de ses nouvelles.
Come, dis-je en me baissant vers Ingami assis, qui quando il tuo caro amico è in una bella disgrazia !2
Il ne voulut pas me lâcher avant d’avoir arraché le nom d’Antonelli.
Rossi n’en sait rien, je lui ai forgé un conte qui n’a servi à rien, il ne m’a rien dit, sinon que j’étais une amoureuse de Pietro.
C’est toi que j’aime, lui dis-ie en italien en m’éloignant pour prendre Angelini à qui j’ai promis depuis tantôt une heure, une promenade dans la salle. Il est fort drôle de près, il ressemble à une écrevisse enflée mais il n’est pas laid. J’essaie de le moraliser et lui raconte des choses de Nice.
Prendo la terra che tu hai calpodato, la porto al more e poi alla testa per rescar mi la manimante.3 - lui dis-je en m’approchant de lui. Phrase arabe qui lui convient puisqu’il voyage toujours dans divers pays extravagants.
C’est vrai, dit-il, son solo, sempre solo.4 - Et vous voilà partis.
Que c’est utile de voir un peu les hommes de près. On en est quitte pour un serrement de main ou de bras et encore est-ce un gant, un domino qu’on vous touche, mais on apprend tant sur le compte de ces messieurs.
J’ai admirablement bien intrigué le baron de San Giuseppe, autrement dit Saint-Joseph. Il m’a suivie, il m’a suppliée, je me suis sauvée comme une flèche jusqu’au troisième rang des loges et là changeant de domino avec maman je redescends en calicot rose; Angelini me prend pour la surveillante des dominos noirs et va faire la cour à maman et lui parler de notre conversation antérieure, la prenant pour moi.
Je cherchais Antonelli de cœur et d’esprit je cherchais Pizzardi. C’est le cas où jamais de m’assurer si c’est vraiment le plus bel homme de Rome. J’appelle Ingami et l’envoie chercher Pizzardi au milieu de la foule la plus bariolée et la plus brillante, aux sons d’un orchestre de soixante musiciens, à la lueur des milliers de bougies.
Ma dove sarai ?5 me demande le bon Ingami réellement inquiet de me donner Pizzardi.
Là... dis-je en me postant au milieu de la salle et en me retranchant derrière Merjeewsky.
Comment, me dit-il, c’est sérieux !
Sans doute.
Et vous le dites ?
Je dis, et plus. Je dis qu’il y a en ce moment à Nice deux individus qui m’ont terriblement monté la tète.
Oh ! c’est trop fort !
A un ami ? dis-je d’un air calme et simple.
En vérité, vous avez ou trop bonne ou trop mauvaise opinion de moi ! s’écrie-t-il.
Laissez-moi donc tranquille et faites votre devoir.
Personne ne me reconnaissait, oh ! personne, mais je suis si sotte encore que pour le peu qu’on me regarde sérieusement je me crois découverte.
-Eccolo, me dit enfin Ingami en m’amenant quelqu’un.
Ah ! mon Dieu ! fis-je en moi-mème. C’est ça Pizzardi ! Non, je ne l’ai pas cru un instant, Ingami s’est moqué de moi.
Le soi-disant Pizzardi me demanda je ne sais plus quoi, qui je suis, je crois.
Dimmi, prima chi sei tu6 lui répondis-je.
Come ! fit-il, tu dimmulo.7
- A no, dove sorebbe l’interesse s’io ti diessi.8
Ben, dimni qualche cosa d’altro.9
Io... non so.10
Hein !
Il me regardait d’un air : Ah ! à vous m’ennuyez vous, je ne suis pas là pour entendre des bêtises pareilles, il me plante là.
Ce final me donne quelque respect pour le laid et vais ça et là par la salle et indiquant l’homme et demandant: qui ? Tous me répondent Pizzardi.
Alors je m’arrête près de Bruschi et Angelini et d’autres qui n’en sont pas fâchés, ils sont toujours après moi et leur dis que Pizzardi est le plus laid, le plus bête, le plus grossier des hommes. Ils ouvrent de grands yeux et me répondent que le personnage que j’honore ainsi est le plus beau cavalier de Rome.
Que faire, il faut se rendre aux bonnes raisons.
Je m’adoucis et commence à suivre l’homme et à tourner autour traînant Merjeewsky au bras, pour voir un peu de sang-froid cette créature. Commençons [Mots cancellés] ce douloureux examen. Il est grand. Bien. Mais voûté ! Des pieds pointus et vernis, oui, mais des jambes qui ne vivent pas en bonne intelligence. Hélas.
La figure... Ah ! épargnez-moi, Seigneur ! Des cheveux noirs sans doute, au sommet desquels est posé un petit chapeau à l’imbécile. Des yeux ivres... une moustache noire et... Oh ! la la. Un menton et le bas des joues tout en cicatrices, des traces... de maladies, des coupures... des... Oh ! que c’est laid.
Tout en découvrant une à une ces beautés je ne cessais de faire le tour de cette curiosité.
Comment, me suis-je dit, je vais en rester là ? Non.
J’étais en noir encore, je me mis en rose et revint à la charge mais tremblante. Quelquefois j’ai de ces terreurs inexplicables, comme de Doria l’an passé.
Français, dis-je timidemant, Français.
Quoi, fit-il en se retournant.
Mon ami Français, repris-je de ma voix naturelle et du ton dont on flatte les fous, ne sois pas féroce.
Comment ? demanda-t-il en faisant quelque attention à ma défroque de calicot rose.
- Mais oui, tu as l’air si terrible que je suis toute tremblante, vrai, tu me fais peur.
Et à mesure que j’exprimais ma terreur je m’en défaisais peu à peu.
- Non, sérieusement ?
- Très sérieurement.
Tu crois ? Mais voyons une mine plus aimable je t’en pris, tu me glace.
- Tu m’intéresses.
- Si c’est vrai, plus de bonté.
- Ah ! mais. Ah ! mais on dirait que je suis un tigre !
- Un lion et un léopard tout ensemble.
- D’où as-tu pris tous ces animaux-là ?
- De l’expression de ta figure.
- Allons donc.
- Regarde moi de face. Bien, seulement il me semble t’avoir connu avec des yeux plus grands.
- Je les rapetisse à volonté.
- Pour moins voir, regarde encore et souris.
- Bien, dit-il en souriant d’un air si bête à force de vouloir être bon que je me mis à rire.
- A présent, reprit-, es-tu rassurée, suis-je encore féroce, vois, j’ai l’air d’un imbécile.
- Non, non, je l’examinais toujours. Une peau sèche, des pommettes rouges, des yeux rouges, un long nez pointu.
- Montre-moi tes mains dis-je avec découragement.
- Des mains de chasseur, dit-il en me les montrant.
De belles mains à ongles bien soignés.
- Mon Dieu non, chasseur d’Italie.
- De tigres, de hyènes, de chacals ?
- Ah ! ha ! ha ! Non, chasseur de gibier domestique.
- Allons, mon carnivore...
- Tu es africaine, je le vois.
- Peut-être.
- Allons en Afrique à l’instant !
- A l’instant, jusqu’au bout de la salle, tu es trop effrayant.
En vérité je ne sais comment être, prends mon bras je ne suis pas trop terrible.
Je pris son bras et Merjeewsky près de nous suivre prêt comme Méphistophélès à intervenir dans le combat de Faust avec Valentin11. Bientôt je ne vis plus rien, Pizzardi, le fameux Pizzardi commençait à avoir beaucoup d’esprit. Pas d’accent italien.
Je ne te connais pas, dit-il, qui donc es-tu?
Une Espagnole jalouse ! Oh ! pas de grimace, on dit que tu es un fat tu sais je connais quelqu’un qui te ressemble.
Physiquement ?
Mais oui.
- Ce n’est pas étonnant, je ressemble à tout le monde.
Fat.
Oh ! non.
- D’ailleurs on me l’a dit.
Il m’a trouvé la main petite.
Sur ce je lui racontai plusieurs choses que je tiens d’Antonelli.
- Tu es donc membre du Cercle !
- On a des amis.
Comme, tout disant poliment en ne disant pas de saletés très polissonnes, il revenait de temps en temps à la cause de l’existence humaine bien que d’une manière toute voilée, je lui reprochais d’être une brute. Et alors il m’a développé toute une théorie ... je ne vous dis que ça !
- Mon Dieu, dit-il enfin, c’est le but et le fond de tout et tout le monde est ainsi, seulement il y a des gens qui ont le courage d’avouer, d’autres qui ne l’ont pas. Moi, j’avoue !
- Ah ! mon ami, voilà en effet de la sincérité ! Tape-la !
Et nous nous sommes serré la main en riant.
Ne vous faites pas une idée de notre conversation par ces vilains lambeaux.
Plusieurs de ces messieurs ne faisaient qu’appeler leur Girofla lui disant : comment peut-tu rester toujours avec la même mais c’est embêtant, allons souper.
Tu as un accent russe très prononcé, me dit-il.
On prend l’accent que l’on veut.
Comment ça ?
Stupide.
Alors je l’assure très sérieusement n’être venue à Rome que pour lui, etc. etc.
L’animal devenait flatté.
Voilà un compatriote, fit-il en m’amenant devant le secrétaire de notre ambassade.
Comment, m’écriai-je, en anglais !
Oh ! je t’en prie ne fais pas l’Africaine.
Tigre.
Montre ta figure.
Il me tenait la barbe du masque.
- Oh ! je ne te crains pas, Pizzardi sait se conduire partout, lui dis-je.
- Tu as raison... et il retira la main.
- Avoue que tu es Russe.
Qu’est-ce que ça te fait ! Les femmes supérieures n’ont pas de nationalité, les femmes d’esprit, jolies et élégantes.
C’est vrai ça
Les hommes aussi, ainsi toi, par exemple, tu n’es pas trop italien, non pas trop.
- Heum... je ne suis pas trop non.
Je lui donne un gant noir, celui de la main gauche (comme au Campidoglio mais l’autre était blanc) en promettant de le réclamer dans un an, parce que dans un an... un tas de choses !
- Dans un an, dit-il, pourquoi ? En vérité tu es très extraordinaire.
- Adieu !
Je l’ai quitté pour ne pas être quittée. Il était trois heures., je revins dans la loge où maman s’extasiait de la beauté de Bruschetti en présence de plusieurs messieurs qui étaient là appuyés à la loge et plaisantaient sur la surveillante, moi tout en riant de Bruschetti.
Il a eu le malheur d’être pris en grippe. Ces malheureux jeunes gens cherchaient des masques pour aller boire du champagne. Bien entendu nous nous sommes sauvées et j’ai envoyé Merjeewsky de nouveau au bal, en domino, pour répondre que le domino en question (moi) était la princesse Mechtchersky. C’est très mal. On ne sait pas intriguer à Rome, les messieurs s’ennuient ! Je l’ai bien vu puisque je les ai intéressés, moi qui ne sais rien, je me suis couchée à quatre heures tout en barbouillant des louanges et des lamentations sur Pizzardi.
en travers
Ils s’en vont par la salle comme des chiens affamés.
On m’a réveillée à sept heures. A neuf heures vingt minutes je quitte Rome. Je m’endors et je suis à Naples. Je n’ai cependant pas si bien dormi pour ne pas entendre un monsieur grincheux qui se plaignait au conducteur de la présence de Prater. Et le galant conducteur a donné raison à notre chien.
Mais... non, je n’ai pas dormi du tout, je ne sais comment expliquer ce que j’avais, seulement j’ai horriblement souffert et d’un mal inconnu, inexplicable.
Antonelli était devant mes yeux, sa voix remplissait mes oreilles, et en cet instant j’aurais, il me semble, abandonné le monde entier pour rester avec lui et pour l’aimer de toute mon âme, jusqu’à en mourir...
Je fermais les yeux et je me représentais la mort de Pietro, mon mari, mon désespoir muet à la vue de ce cadavre couché dans son lit. Je brûlais tous ses meubles et ses habits et j’enfermais les cendres dans une urne en argent; je faisais brûler son corps dont la cendre était recueillie dans une urne d’or, je faisais une chapelle dans ma maison où je passais des journées et des nuits prosternées devant son portrait et devant ses restes. Je l’adorais, je m’anéantissais de douleur sans verser une larme... Ecoutez... je ne sais pas, mais je trouvais dans ces imaginations lugubres des voluptés inconnues, enivrantes.
Mais voici Naples, êtes-vous comme moi ? A l’approche d’une grande et belle ville je suis prise de palpitations, d’inquiétudes, je voudrais prendre la ville pour moi.
Nous mettons plus d’une heure à arriver jusqu’à l’hôtel du Louvre. Un encombrement prodigieux, et surtout des cris et un désordre prodigieux.
Les femmes ont des têtes exorbitantes ici. On dirait des femmes que l’on montre dans des ménageries avec les serpents, les tigres.. Ah ! Pizzardi et les sirènes où “sorprendenti pesci viventi”12 etc. etc.
A Rome je n’aime que ce qui est vieux. A Naples il n’y a de joli que ce qui est neuf.
C’est une fournaise.
Je me lamente de ne pouvoir adorer Pizzardi... mais écoutez, Larderel est dans l’hôtel. J’ai demandé à Rosalie si ce monsieur était avec sa coquine.
- Non, Mademoiselle, il n’est pas avec sa coquine. Il est tout seul.
C’est Rosalie elle-même qui m’a instruite de ce charmant... mettons calembour; il paraît que Larderel a sa que le cocher de Larderel est charmant.
Du bout des lèvres j’adore Larderel et Pizzardi, m’exténuant en extravagances, mais en réalité... non, plus maintenant, il y a trois heures de cela oui, à présent c’est passé pour ne plus revenir.
Bon, il ne manquait plus que d’oublier que nous avons rencontré Altamura et qu’il a été chez nous, ce brave garçon a failli devenir fou... il se tordait, il saluait, il riait, il était heureux.
Tout en dînant je me suis levée trois fois de table et d’un trait j’ai écrit ce que vous allez lire13:
Bello cacciator d’amore !
So che non sei costante Ma rammentati d’un core Dé chi sempre fosti amante A San caclval veglione Celandomi a tutti Aspetto tutto un farajolane Di codesti verdi io frutti.
Quando tu mi desti O’ braccio O tristissimo tristaccio Il mio cuore bruciava Come di Vesuvio la lava.
Dopo tante gioje Dico addio Mi minaccian noje Amor mio Dopo queste noje E crudel addio Spero nuove gioje Caro amor mio.
Et puis... vous verrez demain.
Poznámky
A veglione is a Carnival masked ball held in a theatre. The Teatro Apollo was Rome's principal opera house; it was demolished in 1888-89 when the Tiber embankments were built. ↩
Italian: "What, here, when your dear friend is in fine disgrace!" ↩
Faulty Italian: "I take the earth you have trodden, carry it to my heart and then to my head..." (the end is unclear). Marie is imitating the Arab salute, hand to heart and forehead. ↩
Italian: "I am alone, always alone." ↩
Italian: "But where will you be?" ↩
Italian: "Tell me first who you are." ↩
Italian: "What! You tell me." ↩
Italian: "Ah no, where would the interest be if I told you?" ↩
Italian: "Well, tell me something else." ↩
Italian: "I... don't know." ↩
In Gounod's Faust, Méphistophélès guides Faust's sword in the duel in which Valentin, Marguerite's brother, is killed. ↩
Italian: "astonishing living fishes", the cry of a fairground showman. ↩
The Italian verses that follow read roughly: "Handsome hunter of love! I know you are not constant, but remember a heart whose lover you always were. At the San Carlo masked ball, hidden from everyone, I await you... When you gave me your arm, O saddest one, my heart burned like the lava of Vesuvius. After so many joys I say farewell; boredom threatens me, my love; after this boredom and cruel farewell I hope for new joys, my dear love." ↩