Lundi, 6 décembre 1875

Varpahovsky a encore déjeuné chez nous. Je suis assez de mauvaise humeur, je me promène avec mes Grâces. Marie rentre et Giro vient chez moi, et nous nous amusons à cuire des oranges dans la cheminée, et cela nous fait éclater de rire à chaque instant. Au surplus les fenêtres éclairées de Léon nous donnent une idée, et nous jurons en mettant la main sous la cuisse, comme Abraham, d’exécuter cette idée. C’est d’aller la nuit, à quatre heures, quand les méchants sont déjà couchés et les bons ne sont pas encore éveillés, et planter sur la grille du château une immense « Tu pourriras », attaché à un bâton comme les annonces.
Nous nous figurons le réveil du père et du fils et de tout leur mauvais esprit, et l’effet que leur produira ce drapeau nouveau. Bigre ! que c’est ennuyeux d’oublier, j’allais citer un fait d’histoire, un certain, j’oublie, qui alla planter je ne sais quoi près du temple de Minerve avec une certaine inscription. Il faudra chercher cela dans le livre. C’est absurde d’oublier.
Dina m’a fait la bonne aventure, et elle m’a prédit de telles choses que je me couche toute décollée et comme salie par cette prédiction.
Imaginez-vous, un enlèvement et tout ce qui s’en suit !
J’ai laissé dans ma chambre une douzaine d’oranges en cas de combat nocturne, de plus j’avais les pincettes, la pelle, les chenets, deux chandeliers et diverses autres choses.

Poznámky

Genesis 24:2-9: Abraham makes his steward swear by placing his hand under Abraham's thigh — one of the oldest oath forms in the biblical text. Marie and Giro solemnly parody this gesture. ↩