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Mardi, 19 janvier 1875
Demain courses à Nice. Je regrette Nice, je suis seule à Paris, si perdue, si petite. Misère des misères.J’ai posé chez Waléry, en robe bleue et ma coiffure et des souliers de satin noir à jour, pointes chinoises. Je crois que ce sera joli.
Ensuite flâneries sur les boulevards mais j’évite de regarder parce que je ne puis rien acheter !
Ensuite chez Laferrière, j’ai essayé mes robes presque faites, la blanche de soie est ravissante et avec le chapeau de feutre gris j’ai l’air d’une gravure, c’est ce qu’a daigné remarquer Caroline ! reine des chiffons. Elle est tout à fait aimable et moi tout à fait enchantée.
Encore ce soir à l’hôtel et dire que c’est par manque d’argent !
Paris est beau, j’aime Paris par dessus tout, mais pas mais y demeurer comme moi, c’est bête, je voudrais être à Paris comme j’aime.
J’ai fait un rêve assez grotesque, c’est d’avoir couché dans le même lit avec Blackprince, j’ai rêvé qu’en me réveillant il s’était enfui.
Avant cela j’ai rêvé d’un homme qui s’éleva sur la mer dans le milieu d’une place éclairée par la lune et puis de là courut à grands pas sur l’eau et disparut, je fus très effrayée et le montrais à tous qui étaient rassemblés chez nous au rez-de-chaussée, la famille et des étrangers, mais personne ne le voyait excepté Dina.
Toute la nuit j’ai vu de l’eau des mers au clair de lune, mon cher Victor qui, m’écrit-on, se meurt de tristesse, et d’une espèce de soirée, de fêtes, de fruits et de visages inconnus.