Jeudi 19 janvier 1882

Rosalie est revenue hier, elle avait attrapé la même chose que moi en Espagne mais plus fort, et pendant six semaines j’ai été sans femme de chambre, la nouvelle m’ennnuyait et c’est cette angélique Dina qui m’a soignée comme un enfant.
Mais je devais dîner hier chez la Cartwrigth avec Munkacsy et d’autres peintres et maman et papa y sont allés seuls. J’étais furieuse mais une fièvre de 41 degrés n’est pas facile à porter. C’est encore cette place où je fais le portrait, imaginez-vous, je suis entre deux portes et devant une fenêtre de sorte que je subis à droite un froid glacial et à gauche la cheminée et les deux portes devant et derrière; je m’y suis remise exprès pour voir si c’est bien ça qui m’enrhumait et voilà deux fois que je suis édifiée.
Quant à la fameuse péri-bronchite chronique mes assassins de docteurs disent que cela va beaucoup mieux et que je ne mérite pas la veine que j’ai.
La princesse bossue et la Gorpintchenko ! sont arrivees ce matin chez nous. Papa rayonne, il a voulu qu’elles viennent absolument faire une visite de quelques jours et ces pauvres femmes s’en sont venus exprès de Nice.
Il y a un article dans « Le Sport » et d’autres.
Beaucoup de monde aujourd’hui, la Bailleul et sa cousine, la princesse Karageorgevitch, Alexis, Guitry d’autres .
Maman a reçu beaucoup de cartes et a fait quelques visites, espérons que cela mènera à quelque chose.