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Vendredi 2 décembre 1881
Décembre déjà. Je devrais être à l’ouvrage, chercher les étoffes, le grand vase qui figure dans le fond... A quoi bon ces détails, seulement pour me faire pleurer. Et je me sens beaucoup plus forte, je mange, je dors, je suis presque aussi forte que d’habitude. Mais il y a la congestion pulmonaire en bas à gauche. Le côté droit, la chronique est mieux paraît-il. Mais ça m’est indifférent, c’est ce mal aigu qui peut se guérir, qui m’enferme chez moi pour quelques semaines encore. C’est à aller se noyer.Ah ! c’est si cruel à Dieu; jamais les humiliations et les tristesse de famille mais cela ne m’atteignait pour ainsi dire pas, jusqu’au fond de mon être et puis des espérances énormes; je perds ma voix, première attaque personnelle puis j’entends mal enfin je m’y habitue, je m’y résigne, je m’en tire.
Je reste jusqu’à vingt-trois sans sans rien voir du monde privée de toute chance de me marier. Je m’en console encore. Ah ! puisque tu t’accomodes de tout cela eh bien on t’ôtera les moyens de travailler. Ni études, ni tableau, plus rien et en retard de tout un hiver, moi qui avais mis toute ma vie dans mon travail, ceux-là seuls qui ont été à ma place peuvent me comprendre.