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Dimanche 6 novembre 1881
[Ajouté : C’est-à-dire que l’enquête a montré qu’il n’y a pas motif à procès.]Le procès est fini, gagné. Ça paraît impossible tellement il y a longtemps que ça dure et pourtant cela est. Nous venons de recevoir la dépêche de maman pendant que Mme de Brimont était là, vers dix heures du soir. Voilà un jour heureux.
Nous avons vu les Gavini le matin puis Saint Amand, Bojidar etc. Demain je vais à la Chambre avec Adeline qui est ravie de me voir et qui me charge de secouer les tristesses des pères Gavini et Géry. Préparée par la conversation avec Julian et avec la nouvelle de ce soir je pense à l’air triomphant que j’aurai demain en robe Louis XV, feutre qui a une forme un peu Henri III mais le tout bien parisien avec un bouquet de roses du Bengale tout en haut du corsage. J’aurais préféré les violettes mais elles contiennent des allusions. Grande séance. Affaires tunisiennes, chute du ministère, discours de Gambetta peut-être. Plusieurs fois je me suis prise à sourire toute seule en pensant à demain, à la séance, à la toilette grise et au bouquet de roses et à mon air heureux.