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Lundi, 15 juillet 1878
Toute la société va à Francfort. Edouard Strauss joue au jardin zoologique. J’y vais aussi pour voir la fameuse Ariâne. Elle est dans une espèce de chapelle qui est éclairée en rose. C’est superbe... comme moi.
Le petit Dourassoff qui comme je crois l’avoir dit a vingt et un ans à peine et timide comme la timidité même, commence à parler un petit peu. Pourtant la société qu’il fréquente le plus jusqu’à présent est celle du petit Dimitri Rembelinsky âgé de neuf ans. Un type que ce Dourassoff (il est le neveu de Mme loukowkine, de Rome) il m’a offert une rose, mais il ne voit pas, je parie, de différence entre moi et la vieille Antonsky.
Peut-être est-ce un petit sournois... Mme Abaza le croit... en voilà encore une, je vais vous la peindre; on parlait du comte Protassoff-Bachmétieff, qui a failli épouser Mme Doubelt.
- C’est un homme dont on peut être bien amoureuse, dit Mme Abaza avec conviction, il n’a pas d’esprit c’est vrai mais il est élégant et c’est un homme de salon, un homme chic enfin.
N’ayant rien de mieux à faire pendant mes repas et à dîner je cherche à deviner pourquoi cette dame habite l’étranger... Elle n’aime pas son mari qui a une autre famille, mais elle doit aimer quelqu’un d’autre... Elle est peut-être comme maman... c’est admirable, mais c’est bien ennuyeux pour son entourage. On devient tracassière, on s’accroche aux petites choses, enfin on devient désagréable et difficile dans le commerce de tous les jours. Est-ce que vous croyez que si maman avait quelque intérêt humain dans le cœur, est-ce que vous croyez qu’elle s’attacherait à me tracasser sur la façon dont ma femme de chambre accroche mes vêtements dans les armoires ou arrange ma table de nuit; et ça plusieurs fois par jour, de même que faire l’ordre sur ma toilette ou mon bureau quand je la supplie dix fois par jour, chaque fois qu’elle y touche, de laisser les choses comme elles sont parce que je les range d’après mon idée et je vais trouver chaque chose à sa place.
Eh bien chez elle c’est devenu une manie et que diriez-vous si je vous disais qu’elle veut vider tous les ustensiles qu’elle rencontre dans n’importe quelle chambre, cuvette, broc, etc. etc. Quand je vois cela je ne sais comment je deviens, ce sont des pâmoisons.
J’ai répondu à la Doubelt.