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Jeudi 14 mars 1878
Les journaux disent que la balle a passé à cinq centimètres de la figure de Paul de Cassagnac et que l’avantage était à M. Andrieux qui était mieux placé et que Paul de Cassagnac a tiré sans s’effacer et la poitrine absolument à découvert.Je vous en entretiens parce que j’ai idée que vous suivez avec intérêt les apparitions de ce monsieur dans mon histoire. Et de quoi vous parlerais-je, si je ne vous parlais du sujet vivant mais au fait... quand vous me lirez il y aura peut-être vingt ans que nous serons tous morts et oubliés car ce n’est qu’au bout d’un plus long temps que les célébrités réssuscitent définitivement alors, et sont consacrées par l’histoire.
Par moments j’ai encore très peur de revoir Cassagnac. Au fait ! J’ai été chez le costumier du « théâtre Français » avec la Cigale. Sur ce je vous souhaite le bonsoir bonapartistes et républicains, quand vous me lirez le Prince Impérial sera mort sur le trône ou ailleurs et il n’y aura peut-être plus ni Empire ni République. Qui sait ce qu’il y aura.
Ames charitables, rappelez-vous de Popaul et faites en son honneur un peu de spiritisme. Appelez-moi et faites-moi causer, moi qui aime tant la vie et les vivants. Ne le prenez pas en riant, je vous adjure de faire ce que je dis, et je vous en supplie. Il est probable que j’aurais tant écrit et n’aurais rien à raconter mais faites-le pour moi.
Breslau m’a demandé un conseil pour son académie.
Le portrait d’Etienne m’agace au plus haut point.
J’espère qu’un temps viendra où l’on s’occupera de moi, on s’en occupe à présent mais je parle des journaux et de tout le monde enfin. Car je suis un peu vexée de m’occuper des autres et de n’être rien moi-même, pas même une femme dont on s’occupe, il est vrai que depuis tantôt cinq mois je ne suis vue d’âme qui vive à part les quelques malheureux chercheurs de dots qui viennent chez nous. J’en excepte absolument Blanc, quant à l’autre, inutile même de le dire. Consolons-nous... A Rome malgré bien des choses cela n’allait pas mal, à Naples Larderel m’avait anéantie, je ne voyais rien ni personne, depuis je vis cachée et dans ma retraite il y a peut-être... mais ce n’est pas intéressant. J’ai si peur d’être prise pour une femme à fours. Il est vrai que je n’ai jamais eu occasion de faire un beau mariage mais quant à plaire je crois que je plais assez en général. Voyons ma chère au nom de ta dignité de femme ne t’excuse pas.