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Lundi 28 mai 1877
Je suis allée à Monaco pour gagner vingt mille francs. Nous y étions tout à fait en famille; j’ai joué en dessous, on a joué pour moi, mais vous comprenez bien que ce n’était pas le vrai jeu. Au bout d’une heure on était complètement décavé, et j’ai vu toutes ces malheureuses errer en recherches, quaerens quem devorat... oh ! peu de chose, une dizaine de louis. Je me promenais avec Lise; maman a eu la joie d’être complimentée sur sa fille par tous les croupiers, chefs de partie, secrétaires, etc. etc. qui m’ont connue petite à Bade et à Nice. Beaucoup d’employés de Bade ont passé chez M. Blanc.Je suis de retour terriblement fatiguée avec quarante francs et vingt francs que me doit Laurenti qui était là. Tichkevitch qui n’est pas encore parti est revenu et a soupé avec nous. On m’a bien plaisantée un tant soit peu sur les vingt mille francs, c’est que j’avais même emporté un grand porte-feuille et j’aurais peut-être gagné si j’avais joué sérieusement. Oh mais je m’amusais à faire la petite fille, c’était pour plus de... décence.
Nous nous occupons à marier Nemekoff avec Collignon. Nemekoff si vous vous en souvenez, est un vieil ami de ce pauvre Yourkoff, au surplus Nemekoff est malade au point qu’il marche à peine, mais on dit qu’il a quelque fortune. Il désire épouser une bonne âme pour avoir soin de sa... malheureuse carcasse... bien, on dirait que je parle d’Emile, enfin... et Collignon désire faire une fin.
Je suis contente que je puis ce soir penser avec amour à Alexandre; tout en jouant je me suis représentée sa figure le soir qu’il a dîné à la table d’hôte, après l’explication et... en vain je cherche à la décrire, seulement j’en suis enivrée et j’aime être ainsi.