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Jeudi 12 avril 1877
J’ai rêvé que la fille de Larderel était un chat.Je suis si triste que Rosalie vient me raconter des bêtises pour m’égayer et les efforts de cette bonne fille m’attristent encore. Je ne puis que lui répondre:
- Je m’ennuie sans Monsieur le comte, avec une mélancolie qui me semble comique et qui est lugubre.
Oui, c’est vrai, je m’ennuie sans Monsieur le comte. Le projet en question, et que vous ne saurez qu’au moment de l’exécution si ce moment arrive, m’absorbe.
Oui, eh bien oui, je m’ennuie sans M. le comte.
J’ai maigri comme après une maladie, j’étais jolie à la Promenade. Le soir nous avons eu le jeune Naples, Caracciolo, Porcinari, Zunica, Santasiglia et... Melissano. Et sans doute Marcuard. Pensez donc, on a dansé. Je n’oublierai jamais Melissano dansant la tarentelle avec son mouchoir de poche en guise d’écharpe pompéienne.
Larderel était si beau lorsque je l’ai vu pour la première fois après le duel... Ah bah ! c’est peut-être mieux ainsi... d’ailleurs qu’est-ce que c’est que cette idée d’amour et encore d’amour malheureux. Fi, donc.
Melissano dit qu’il arrive demain. Je ne sais pas du tout quelle contenance il va avoir, ce qui m’inquiète beaucoup.
Moi... je me moquerai de lui et lui rirai au nez de sa trop prudente déclaration... oui s’il s’approche assez près pour m’en donner l’occasion.
Mais avez-vous remarqué que je prédis, que je prévois toutes mes mésaventures ! Elles me rendent ridicule enfin ! Parce que je ne parle que des malheurs, laissant là les petits triomphes qui ne m’intéressent pas, surtout en ce moment.
Je songe sérieusement à cette affaire, c’est que voyez-vous je serais si heureuse d... ah ! ha ! Basta. Ne trahissons pas notre secret.