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Samedi 24 mars 1877
Je suis restée longtemps au lit m’efforçant de dormir pour être réveillée par une lettre. Mais non, rien n’arrive si ce n’est une caisse de Worth et puis Nasimoff et enfin le duc de Melito. On n’a reçu que Nasimoff parce que maman est malade.
Je vais en ville avec Dina. Le jeune Pignatelli commence à me regarder sérieusement. Mais c’est Melissano qui est le plus fervent.
Enfin je retombe dans une sorte de mélancolie de laquelle vient me tirer, pour me mettre dans une sorte de colère, Rosalie qui apporte cette lettre.
Elle me semble impertinente et j’en suis rouge de contrariété.
Me faire attendre à mercredi, c’est indigne !
Je suis toute troublée. Je repasse dans l’esprit tout ce que j’ai fait et dit, il me semble que j’ai ennuyé ce détestable Violet.
J’ai l’air de recevoir un affront, le diable sait pourquoi.
Maman semble vexée de cette feuille. On est détestable chez nous !
Je n’y tiens pas et saisissant un lambeau de vieille enveloppe j’écris dessus :
Lettre recopiée · Billet de Marie à Larderel, 24 mars 1877- “Oh ! le vilain bout de papier !Un peu plus vilain que le vôtre.”
Et le mettant dans une immense enveloppe, je descends en personne au bureau pour y coller deux timbres et le jeter dans la boîte.
Le croirait-on ? Je suis sérieusement offensée et cette lettre fait mourir sur mes lèvres toutes les petites tendresses que j’avais l’habitude de dire chaque jour en riant.