Dimanche 18 mars 1877

Le joueur de mandoline m’a envoyé ce matin le nom de l’adversaire de Larderel, c’est le marquis Niccolini.
En me promenant à pied avec maman, j’ai rencontré Bikowsky de Nice. C’est le cousin de celui de Paris et ses cartes portent une couronne de prince et-Gryf-Jaxa-Bikowsky.
Cet homme a fait bien des jaloux parmi les lazzaroni en bottes vernies, qui vont en quête d’aventures depuis le matin et fondent sur les étrangères.
Nous allons au Skating à pied comme des Anglaises, accompagnées de Bikowsky.
Il y avait là distribution de joujoux aux enfants, Bikowsky m’en a apporté plusieurs et j’ai assuré Pascarola que je jouais aux poupées.
- Comment, vous si savante, si artiste, si spirituelle ! vous vous moquez de moi !
Mais je l’assurais avec beaucoup de simplicité. J’aime faire sauter les gens.
Hélas ! c’était Borghése ! Celui du Fondo et de vendredi. Hélas !
Pascarola a donné de nouveaux détails sur le duel ajoutant que :
- Larderel a été blessé mais c’est Niccolini qui a été puni, car il lui est resté cette personne sur les bras.
J’ai écrit huit lettres : à Foster, à Mouzay, à Berthe, à Reboux, à Laferrière, à Collignon, à ma tante et à Lefèvre.
Dans ma lettre à Collignon je salue la Daniloff, la pauvre femme en sera touchée, on ne la recevait pas chez nous. Et puis la lettre à Lefèvre. Il ne s’y attendait pas. Cela ne coûte rien et cela concilie des... amitiés, plus que bien des frais... qu’on parle bien de moi cela ne peut faire du mal.