# Vendredi 16 février 1877

Vendredi 16 février 1877

Je ne sais où me mettre, c’est pour cela que nous allons ce matin à neuf heures visiter Castellamare, Sejano, Vico, Sorrento etc. Ce qui est de la beauté de la nature, elle a fait sur moi une impression flatteuse, je ne dis pas davantage car je n’ai pas été frappée, peut-être même parce que... tout... l’ensemble est si merveilleux qu’aucune partie ne se jette aux yeux. La mer était bleue et calme et le soleil resplendissait: de Castellamare à Sorrento nous avons à peine parlé entre nous, seulement je souriais de temps en temps. Il faisait très beau, des gueux napolitains à moitié nus partout, des oliviers, un air divin, une petite brise qui rosissait les joues, ça et là des fleurs, au milieu d’une verdure éclatante tranchant sur le bleu de l’eau; des rochers bordant le chemin qui semblent droits comme des murs et pourtant dans une sorte de crevasse ou plutôt sur une sorte d’aspérité, une chèvre endormie.
Nous avons fait une promenade à pied dans Sorrento, j’ai acheté quelques objets en bois, toujours poursuivie par des tableaux de famille.
En remontant en voiture Dina m’a fait signe de regarder à droite... un vieillard soutenait un bébé qui essayait de marcher... Les enfants me causent comme une honte.
Au retour, encore plus nulle la conversation, tout autour les mêmes splendeurs, mais au même endroit que la chèvre, au lieu de la chèvre, un homme également endormi.
M. Nasimoff, consul, est venu pour la deuxième fois.
J’ai dîné seule avec accompagnements de Larderel par Rosalie. Je m’encanaille hélas !
Il aurait mieux valu ne pas le rencontrer, il m’a laissé entrevoir.... un horizon tout bleu et je m’ennuie doublement.
Je me suis hébétée par des patiences, je n’en ferai plus.
Non, écoutez, tout ce que vous voulez, mais imaginer que Larderel ait... un enfant. Je... je ne sais pas, mais ça me fait l’effet le plus singulier du monde.