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Mardi 2 janvier 1877
J’ai emporté de Rome la même impression agréable et fade que de Naples et une esquisse de vieille femme fort passablement faite.Je suis à Gênes.
Je suis tranquille. On nous a parlé de Pietro fort naturellement comme si rien n’était, personne n’avait l’air de s’occuper de lui ou de croire toute sorte de choses. Nous avons voyagé avec une espèce de fou.
J’ai commencé une rêverie en huit tableaux.
L’hiver passé et à présent j’ai passé presque tous les jours par la place Barberini et sur le coin d’une maison j’ai lu une inscription en lettres rouges qui m’a singulièrement frappée hier : Nous voulons l’union au royaume constitutionnel de Victor-Emmanuel.
Cette volonté exprimée en cette langue harmonieuse et douce produit un charmant contraste où je trouve comme une coquetterie involontaire. Je suis naïvement ravie de voir demander un roi.
Derrière cette phrase, dans mon imagination, s’élève la monstrueuse figure de Victor-Emmanuel, empreinte d’une étrange majesté, marchant sur Rome, se faisant proclamer au Capitole par 4.000 seulement Roi et libérateur. Et accomplissant ainsi l’union du plus beau pays du monde.
Cela vous fait passer dans les veines un frisson d’enthousiasme et je vous assure que la laide tête du roi vaut bien des têtes dans l’antiquité.
Cette phrase a encore un autre sens. C’est le vœu de la jeune Italie, qui me semble apporté sur des ailes invisibles et qui émeut et attendrit on ne sait pourquoi