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Vendredi 3 septembre 1875
C’est comme un coup de foudre, je rougis, je me lève de la table du salon et je cours presque à la rencontre de m...........
Oh ! ne vous effarouchez pas, à la rencontre de ma tante qui vient d’expédier mes lettres.
Depuis je ne sais plus combien de temps je parle du centenaire de Michel-Ange, eh bien les premières lignes du journal que je pris en parlent ! Je croyais avoir le temps et je n’ai pas le temps.
Je suis toute bouleversée, je ne sais où aller par quoi commencer, quoi faire ! Je vais chez Caroline, elle est charmante et s’entend à la toilette comme un ange. Elle atteint au sublime. On peut être sublime en tout.
Reboux me fait mon éternel chapeau, le grand feutre gris clair un peu donnant dans le jaune, très peu, relevé de côté, deux belles plumes, rien ne me coiffe mieux. Caroline en me voyant assise chez elle tout en blanc avec mon chapeau de paille d’Italie de la susdite forme, avec deux plumes blanches, s’est écriée que j’avais tout à fait l’air de Mlle de Montpensier, qu’elle a vu une gravure de la Grande Mademoiselle sur laquelle elle était ravissante, et que j’avais tout à fait son air.
Chez Ferry, chez Reboux. Je cours, je ris, je pleure, tout cela ensemble, je crains de retarder pour Florence, rien n’est fait, rien n’est arrangé, je suis tourmentée comme rarement.
Je puis à peine écrire, je suis impatientée, je suis énervée !
Nous dînons à la table d’hôte à côté du consul américain à Nice, ce bon vieux m’a été présentée deux fois et chaque fois il ne se souvient pas, ce soir il lia conversation avec moi sans me reconnaître, et lorsque je lui dis le connaître il se souvient, me secoua les deux mains et sembla enchanté. Il me dit des nouvelles et moi aussi je lui dis une nouvelle, certaine.
Je lui compose une histoire comme je sais, avec un tel air de vérité que je me trompe moi-même.
Je lui annonce le mariage de M. Emile d’Audiffret avec Mlle Marie Durand. Je sais cela par un monsieur espagnol, un ami de la famille, c’est décidé et annoncé officiellement, dans deux mois ils seront mariés.
La grande querelle finit par un mariage à la satisfaction de tous les partis.
Attrape ça !
Pourvu que le vieux ne l’oublie pas, dans sept jours il sera à Nice.
J’écris à maman une lettre qui étant lue ne laissera aucun doute sur mes facultés intellectuelles. Je suis folle en effet. Je ne m’en défends pas. On a tout dérangé, tous mes plans sont au diable !
Ah ! grand Dieu !
J’ai lu pendant trois quarts d’heure et je suis calmée.
Ah ! pourvu que j’arrive à temps.
Mon Dieu arrangez toutes ces choses qui me cassent la tête.