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Dimanche 25 juillet 1875
Je me réveille à douze heures ayant rêvé un galimatias inexplicable. Je suis pâle et, à l’idée que je puis de nouveau être malade comme à Spa et à Ostende, tout mon sang me monte à la tête et je suffoque. C’était terrible !Je n’en ai rien dit, dans mon journal, je ne sais pourquoi. Vers la fin à Spa je suis devenue pâle et faible, je pouvais à peine marcher.
A Ostende, la même chose, je marchais bien mais j’avais souvent des vertiges, j’étais faible, pâle je n’avais pas d’appétit.
A Londres je portais constamment un flacon sans lequel je me trouvais mal dix fois par jour. Chez les Howard à Canterbury j’avais un mal de tête affreux, seulement à Paris et vers la fin de notre séjour j’ai commencé à redevenir passable.
Et une fois à Nice je suis redevenue tout à fait bien. Service que je n’oublierai jamais et pour lequel je saurai éternellement gré à ma bonne ville. Je dis ma bonne ville parce que, si je n’ai pas la société, j’ai tous les hommes et j’ai les marchands, le peuple, les mendiants. Tous ces gens-là me connaissent, me saluent.
J’étais à peine remise de ma pâleur que nous commençâmes à nous regarder avec d’Audiffret.
C’était le bon temps, delectabile tempus. L’hiver arrivait pas à pas, le monde aussi mais je m’amusais. On ne se connaissait pas, on s’intéressait.
A la musique Galula et tristesse. Ah ! il me faut m’en aller. Le soir nous passons ensemble avec les Grâces à lire chacune de son côté.
Olga en descendant pour partir a cru voir des lumières al castello dell’illustrissimo signore, elle s’est empressée de revenir me communiquer cette nouvelle importante.
Je ne vois rien et elle a sans doute vu autant que moi.
D’ailleurs je ne pense pas qu’il revienne ici.
Les cartes me flattent de nouveau et je suis rassérénée. Peut-on être aussi bête !
Je suis à la fin de mes robes et par conséquent misérable, mal à l’aise et avec l’idée qu’il n’y a ni élégance ni grâce ni rien. Je suis toujours comme ça, quand j’ai un mauvais cheval je m’imagine que tous les chevaux sont mauvais. Je voudrais bien que Girofla fût à Paris dans un mois et demi, il m’aiderait à acheter un cheval.