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Mardi, 3 février 1874
Je ne suis pas allée me coucher, le prochain carnaval m’occupe et je vais en parler à Dina qui lit au salon à la lumière de la lampe de Joséphine.
Longtemps nous parlons, des costumes, de la société, surtout comment nous irons. Nous nous désolons sur notre vie, comme nous serons seules, ce sera ennuyeux en voyant tout le monde qui se connaît. Nous dîmes tant que tous retournent de Monaco par le dernier train et nous trouvent ainsi. Je descends souper, je me couche à deux heures du matin, regrettant sans fin ce bal manqué. C’est le meilleur de la saison et comme je suis fâchée que maman n’y soit pas allée ! Enfin.
Encore un temps gris et très froid. Je suis très enrhumée (conspirateur, bien). On a un si beau teint par ce temps.
Nous allons Dina, Paul et moi à la Promenade, il y a peu de monde, j’ôte mon conspirateur pour mettre la jaquette de Dina qui devient jolie sur moi. Je vais me promener avec Hitchcock. J’entre chez Bussi pour regarder des perles, j’ai envie d’une paire de boucles d’oreilles en perles noires.
Nous aurons, je pense, quelque peine à nous débarrasser de Hitchcock. L’amour-propre lui manque au point qu’elle a dit: : Je pense que vous ne partirez pas avant mars. Voilà une créature indigne même de détestation.
J’ai fâché papa en improvisant de mauvais vers à table, puis je commençai à dire comme je suis belle, ravissante etc. etc. d’abord il me dit que j’étais laide, puis il s’enragea et finit par crier. Comme je pense que je ne devais pas plaisanter avec lui, je suis allée faire la paix.
Quand je pense à notre vie je suis au désespoir. Dina a raison de ne pas aller au bal, y aller comme nous est chose abominable. Souvent j’oublie et j’adoucis les choses pour moi, mais la vérité nue se montre et me désillusionne, me désespère !..