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Sunday, 23 December 1883
No confidence in Julian — I ask Tony, who will come tomorrow morning.Dimanche 23 décembre 1883 Aucune confiance en Julian, je demande Tony qui viendra demain matin.
We lunch at Count Mazewsky’s, who has asked ten times that we do him the honour of coming to see his townhouse and his works of art.
Nous déjeunons chez le comte Mazewsky qui a demandé dix fois qu’on lui fasse l’honneur de venir voir son hôtel, ses objets d’art.
His mother doing the honours.
Sa mère faisant les honneurs.
Given the gentleman’s character, I had expected a velarium to be erected and six footmen in knee breeches to serve us. It was lamentable — he does not know how to receive; a single flustered servant. The Countess his mother too simple; a ridiculous lunch... In any case.
Vu le caractère du monsieur j’ai cru qu’un velum serait dressé et que nous serions servies par six maîtres d’hôtel en culotte courte. Ça a été lamentable, il ne sait pas recevoir; un seul domestique effaré. La comtesse sa mère trop simple, un déjeuner ridicule... Enfin.
The house is large; a new wing contains pretentious rooms — a bust of Agrippa (!) on a monumental chimney-piece. And the paintings! Enough to make cats weep. No... Nothing is more dispiriting than this accumulation of large, enormous canvases signed with half-known names — pretentious banalities that have already battered one’s eyes at the Salon. Things paid for dearly and heartbreaking to an artist’s eye.
L’hôtel est grand, une nouvelle annexe contient des pièces prétentieuses; le buste d’Agrippa (!) sur une cheminée monumentale. Et les tableaux à faire pleurer les chats. Non... Rien n’est attristant comme cet amas de toiles grandes, énormes, signées de noms à demi-connus; banalités prétentieuses qui vous ont crevé les yeux au Salon. Des choses payées chères et navrantes pour l’œil d’un artiste.
Consider the happiness of a sort of moral myopia rather than this refinement of taste that we take such pains to acquire, or which is innate... An incurable condition. One suffers on a thousand fronts unknown to the common person — like a man who would see objects through a whose eye were furnished with a microscope: the wretch could neither eat nor drink nor love anyone. Faults of taste, of tact, stupid conversation, richly decorated drawing rooms, lamentable paintings... Everything grates, bores, fatigues and above all saddens — for by dint of seeing repugnant and irritating objects one acquires a kind of sad, resigned indifference... True artists cannot be happy; first because they know, they themselves, that the great mass does not understand them; they know they are working for a hundred individuals and that the others follow their bad taste or Le Figaro. Ignorance in matters artistic, in all classes, is frightening. Those who speak of it well are repeating what they have read or heard from so-called experts.
Voyez-vous le bonheur dans une espèce de myopie morale et non pas dans ce raffinement du goût que nous nous donnons tant de mal pour acquérir ou qui est inné... Ce qui est sans remède. On souffre par mille côtés inconnus au vulgaire, est comme un homme qui verrait les objets à travers dont l’œil serait doué d’un microscope, le malheureux ne pourrait ni boire ni manger, ni aimer personne. Les fautes de goût, de tact, les conversations stupides, les salons richement décorés, les tableaux lamentables... Tout offusque, ennuie, fatigue et surtout attriste, car à force de voir des objets répugnants et agaçants on acquiert une espèce d’indifférence triste et résignée... Les vrais artistes ne peuvent pas être heureux, d’abord ils savent eux que la grande masse ne les comprend pas; ils savent qu’ils travaillent pour une centaine d’individus et que les autres suivent leur mauvais goût ou le « Figaro ». L’ignorance en matière artistique dans toutes les classes est effrayante. Ceux qui en parlent bien répètent ce qu’ils ont lu ou entendu dire par les gens dits compétents.
The very wealthy are still the best of it — for they buy whatever costs the most, and these are always paintings that have some merit, whether by fashion or by academic qualities that may leave one cold but are nonetheless respectable. But the merely comfortable, or the misers! They buy neither the works of young artists (which require discernment) nor the works of celebrities — they buy large machines that have been exhibited, signed with honourably known names. That is worst of all.
Les vrais richards sont encore ce qu’il y a de mieux car ils achètent ce qui se vend le plus cher et que ce sont toujours des tableaux qui ont du mérite, soit de par la mode, soit des mérites académiques qui peuvent laisser froids mais qui sont tout de même respectables. Mais les demi ou les avares ! Ils n’achètent ni les œuvres des jeunes pour lesquelles il faut du discernement ni les œuvres des gens célèbres, ils achètent des grandes machines qui ont été exposées, signées de noms honorablement connus. C’est pis que tout.
In any case... I believe too that there are days when one feels all these miseries too acutely; days when inept conversation is particularly insupportable, when inanities make one suffer, when listening for two hours to the exchange of absurdities that have not even the merit of gaiety or social varnish causes genuine grief.
Enfin... Je crois aussi qu’il y a des jours où l’on sent par trop vivement toutes ces misères; il y a des jours ou une conversation inepte est particulièrement insupportable, ou les niaiseries vous font souffrir, ou entendre pendant deux heures échanger des âneries qui n’ont même pas le mérite de la gaieté ou du vernis mondain, vous cause du vrai chagrin.
Note that I am not one of those elite souls who weep when compelled to listen to the commonplaces of drawing rooms — small gossip, conventional compliments, observations on the weather or the Italian opera.
Remarquez que je ne suis pas de ces âmes d’élites qui pleurent quand elles sont forcées d’écouter les banalités des salons, les petits potins, les compliments d’usage, les considérations sur le temps ou l’opéra italien.
I am not foolish enough to require interesting conversation everywhere, and all that is worldly banality — sometimes gay, more often dull — leaves me calm; it is a discomfort I sometimes even endure with pleasure. But real inanity, real stupidity, real absence of... in short the absence of worldly banality alongside the absence of wit — that is death by slow fire.
Je ne suis pas assez sotte pour exiger des causeries intéressantes partout, et tout ce qui est banalité mondaine gaie parfois, plus souvent terne, me laisse calme; c’est un mal que je supporte quelquefois même avec plaisir. Mais la vraie niaiserie, la vraie stupidité, le vrai manque de... Enfin l’absence de banalité mondaine en même temps qu’absence d’esprit, ça c’est la mort à petit feu.
I should like to cite examples but they would give only a faint idea... Things so stupid and so entirely empty, and at the same time so heavy, that one feels impatience rising!!!
Je voudrais vous citer des phrases mais ça ne donnerait qu’une faible idée... Enfin des choses si bêtes et si vides de tout et en même temps si lourdes qu’on se sent des impatiences !!!
Coming away from there we went to the Gavinis’ and to a charity sale.
En sortant de là nous avons été chez les Gavini et à une vente de charité.
Father Géry dines here this evening. His son has gone back to Constantinople.
Le père Géry dîne ici ce soir. Le fils est reparti pour Constantinople.