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Wednesday, 5 February 1879
Mercredi, 5 février 1879
So. We went to Versailles. Gambetta’s first day as President of the Chamber. His speech, which he read aloud, was received with enthusiasm — and had it been even worse it would have been the same. Gambetta read badly and with a detestable voice. He has no restraint as president, and having seen Grévy one wonders what this man is doing there. To preside over a chamber, talent alone is not enough — one needs a special temperament. Grévy presided with mechanical regularity and precision. The first word of his sentence was the same as the last. Gambetta has his crescendos, his slowings, his expansions and contractions; movements of the head, ups and downs... when he remembers that he must contain himself... In short, either he was simply incoherent, or he is very, very cunning.
Voilà. Nous avons été à Versailles. Le premier jour de la présidence Gambetta. Son discours qu’il a lu a été accueilli avec enthousiasme et fût-il encore plus mauvais qu’il le serait de même. Gambetta a mal lu et d’une voix détestable. Il n’a aucune mesure comme président et quand on a vu Grévy on se demande ce que cet homme vient faire. Pour présider une chambre il ne suffit pas d’avoir du talent, il faut un tempérament spécial. Grévy présidait avec une régularité et une précision mécaniques. Le premier mot de sa phrase était semblable au dernier. Gambetta a des crescendo, des ralentissements, des élargissements et des rétrécissements; des mouvements de tête, des hauts et des bas... quand il se rappelle qu’il faut se contenir... Bref ou il a fait une incohérence ou il est bien, bien malin.
We travelled with Rouher, most amiable; only, as there was no room, we rode in second class. With Rouher something is always happening.
Nous avons voyagé avec Rouher, fort aimable; seulement comme il n’y avait pas de place nous sommes montés en seconde. Avec Rouher il arrive toujours quelque chose.
Only here is the thing — I have come back and I really do not know what for...
Seulement voilà, je suis revenue et je ne sais vraiment pour...
written across the page
Gavini was with us and on the way I listened to anecdotes from the Assembly of 1849–51.
en travers Gavini était avec nous et en route j’ai écouté des anecdotes de l’Assemblée de 1849-51.
Will no one rescue me from this desert then! Does God not hear! Is it possible that I should rot in this solitude, in this abandonment!
Personne ne me tirera donc de ce désert ! Dieu n’entend donc pas ! Est-il possible que je pourrisse dans cette solitude, dans cet abandon !
And my family stays calm. I can bear it no longer. You do not know what it is to feel the humiliating fear of watching oneself grow old in a desert! It is something hideous.
Et mes parents restent tranquilles. Moi je n’en peux plus. Vous ne savez pas ce que c’est que la peur humiliante de se voir vieillir dans un désert ! C’est quelque chose de hideux.
Oh! It is not for my own sake — I swear it, on Grévy’s head if you like. But it is the others who ask themselves: well, what has become of Mademoiselle So-and-so? I was too much seen at the theatre, in the street, and at the races from thirteen to seventeen at Nice and then in Italy. Since I have been in retirement, people must take me for old.
Oh ! ce n’est pas pour moi, je vous le jure bien, sur la tête de Grévy si vous voulez. Mais ce sont les autres qui se demandent: eh bien Mademoiselle une telle, que devient-elle ? On m’a trop vue au théâtre, dans la rue et aux courses de treize à dix-sept ans à Nice et puis en Italie. Depuis que je suis dans la retraite on doit me croire vieille.
I am twenty, after all. For a girl that is enough. People wonder why I do not go into society. I wonder too. My family is no doubt waiting for me to grow up. I am growing plain, I can see it, and in spite of my apparent gaiety, the hatred the anxiety, the despair, the boredom, the fear... give my face something unpleasant. And then I am silly to cry as I write this, but since I detest myself I have the idea that everyone will find me disagreeable, and I am afraid everywhere and of everything.
J’ai vingt ans après tout. Pour une fille c’est suffisant. On se demande pourquoi je ne vais pas dans monde. Je me le demande aussi. Ma famille attend sans doute que je devienne grande. J’enlaidis, je le vois bien et malgré ma gaieté apparente, la haine l’inquiétude, le désespoir, l’ennui, la peur... donnent à ma figure quelque chose de déplaisant. Et puis je suis bête de pleurer en l’écrivant mais comme je me déteste j’ai idée que tout le monde me trouvera antipathique et j’ai peur partout et de tout.
And to be in the desert! To see no one! To go to the Chamber, afraid the whole time of being taken for God knows whom, and then to go to the Chamber just like that with one’s aunt, to get to know a few deputies in the railway carriage — and these same deputies, who never see you in society, wonder why. We are in mourning, but we have not always been, and we shall not always be. It is insane. And nobody knows that I die a little every day, and nobody hears me!
Et être dans le désert ! Ne voir personne ! Aller à la Chambre, avoir tout le temps peur qu’on vous prenne pour une Dieu sait qui et puis aller à la Chambre tout bêtement avec sa tante, connaître quelques députés en wagon et ces mêmes députés qui ne vous voient pas dans le monde se demandent pourquoi. Nous sommes en deuil mais nous l’avons pas toujours été, nous ne le serons pas toujours. C’est insensé. Et personne ne sait que je meurs tous les jours un peu et personne ne m’entend !
God — ah! yes, that is a fine consolation, but not when one has come to the pass I have! I am bored, after all! People are moved by the fate of prisoners who languish for years in a cell. Am I not in the most dreadful of prisons! Do I not tear my nails every day against walls that are invisible, but no less inexorable, mute and hopeless for that!
Dieu Ah ! oui c’est une belle consolation mais pas quand on en est au point où j’en suis ! Je m’ennnuie, après tout ! On s’attendrit sur le sort des prisonniers qui languissent des années dans une cellule. Est--ce que je ne suis pas dans la plus affreuse des prisons ! Est-ce que je ne me déchire pas tous les jours les ongles contre des murailles invisibles mais qui n’en sont pas moins inexorables, muettes, désespérantes !
My God, save me, save me, save me!
Mon Dieu sauvez-moi, sauvez-moi, sauvez-moi !